Sports

Quand le roi du foot africain claque la porte !

Il y a des colères qui se murmurent dans des couloirs feutrés, et d’autres qui s’affichent en lettres capitales sur fond rouge. Fouzi Lekjaa a choisi la deuxième option, et franchement, difficile de ne pas y voir un tremblement de terre diplomatique dont les répliques vont secouer le football africain pour longtemps.

Tout commence à Dar es Salaam, en Tanzanie, lors d’une réunion du Comité exécutif de la CAF en février dernier. Premier vice-président de l’instance, le patron de la Fédération royale marocaine de football décide de ne pas faire le déplacement physique, préférant une visioconférence à la poignée de mains protocolaire. Un détail ? Absolument pas. Pour qui connaît les codes du pouvoir sportif africain, l’absence du corps dans la salle, c’est déjà un message en soi. Mais Lekjaa, lui, ne s’arrête pas là.

La déclaration qui circule désormais partout est cinglante, sans équivoque, presque théâtrale dans sa brutalité : le Maroc ne présentera plus sa candidature pour accueillir une compétition africaine, quelle qu’elle soit. Voilà un pays qui a co-organisé la CAN 2025, un pays qui se prépare à coaccueillir la Coupe du Monde 2030, un pays que la CAF a sollicité à plusieurs reprises comme pompier de service pour les organisations de dernière minute, qui claque la porte du continent sur le plan organisationnel.

« Nous ne présenterons plus notre candidature pour accueillir une compétition africaine, quelle qu’elle soit. »

La question qui brûle les lèvres est simple : pourquoi maintenant ? Les raisons s’accumulent comme des dossiers sur un bureau encombré. Les sanctions jugées trop légères après les incidents de la finale de la CAN face au Sénégal ont profondément irrité la délégation marocaine. La gouvernance de Patrice Motsepe est critiquée en interne pour sa gestion des dossiers disciplinaires et sa communication opaque. Et surtout, Lekjaa, habitué à exercer une influence considérable sur les rouages de la CAF, semble avoir senti le vent tourner. Un homme qui pense contrôler une institution et la voit lui échapper réagit rarement avec sérénité.

Certains y verront du narcissisme politique, une crise d’ego d’un dirigeant qui confondait son pouvoir personnel avec la puissance institutionnelle du Maroc. C’est une lecture trop courte. Lekjaa joue en réalité une partition plus subtile : en retirant le Maroc de la table des organisateurs africains, il rappelle à la CAF combien le Royaume représente une infrastructure indispensable, un partenaire financier incontournable et une vitrine continentale que Motsepe ne peut pas se permettre de perdre. C’est du bras de fer, pas de la bouderie.

Le risque réel, cependant, est que cette posture devienne permanente par orgueil interposé. Le football africain a besoin du Maroc autant que le Maroc a besoin d’un ancrage continental. Une fracture durable entre les deux ne profiterait qu’aux divisions internes qui gangrènent déjà l’instance depuis des années. Reste à savoir si Patrice Motsepe entendra l’ultimatum ou choisira, lui aussi, le silence.


En savoir plus sur Glorieux Geek

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *