Il y a des moments où le football vous rappelle brutalement sa cruauté. Une semaine. Une seule petite semaine sépare le Maroc de son premier match de Coupe du Monde 2026, et c’est précisément dans cette fenêtre d’angoisse absolue qu’Ez Abde s’est offert une entorse du ligament interne du genou. Le timing est tellement douloureux qu’il en devient presque symbolique.
Les premières informations médicales qui circulent depuis quelques heures sont venues glacer le sang des supporters marocains. Les examens initiaux confirment bien une entorse du ligament latéral interne, cette structure stabilisatrice du genou qui, selon sa gravité, peut transformer un espoir en cauchemar en l’espace d’une IRM. Le staff médical des Lions de l’Atlas attendait que l’inflammation se résorbe avant de procéder à un examen décisif, parce que les œdèmes mentent, parce que les premiers diagnostics masquent parfois le pire.
Alors voilà la réalité cruelle posée sur la table : deux scénarios, deux destins radicalement opposés. En cas de grade 1, Abde manquerait entre deux et trois semaines de compétition, ratant les rencontres face au Brésil et à l’Écosse, mais restant théoriquement disponible pour l’affrontement contre Haïti. En cas de grade 2, l’absence grimpe à trois ou six semaines, ce qui représente, concrètement, un forfait pour l’ensemble de la phase de groupes. Et selon plusieurs sources, dont Foot Mercato, le risque d’un forfait total pour le Mondial est réellement sur la table.
« Les premières examinations subies par Abde Ezzalzouli montrent une entorse du ligament médial du genou. On s’attend à ce que le joueur soit forfait pour la Coupe du Monde. »
Ce qui rend la situation particulièrement insupportable, c’est qu’Ez Abde n’est pas un joueur parmi d’autres dans le dispositif marocain. Ailier explosif, capable de créer le déséquilibre en un dixième de seconde, il incarne cette dimension imprévisible que le Maroc cherche à conserver depuis sa demi-finale historique au Qatar. Perdre ce profil juste avant d’affronter le Brésil, c’est perdre précisément l’arme que vous auriez voulu brandir contre Vinicius et compagnie dans l’autre sens du terrain.
On peut évidemment avancer que le Maroc possède une profondeur de banc suffisante, que Mohamed Ouahbi a suffisamment de solutions pour compenser. C’est vrai sur le papier. Mais l’impact psychologique d’une telle nouvelle à sept jours d’une compétition que tout un pays attend depuis quatre ans ne se quantifie pas dans un tableau Excel. Les vestiaires ont une mémoire, une énergie, et les absences de poids la perturbent.
Reste cette petite fenêtre d’espoir, ce grade 1 qui permettrait un retour, peut-être tardif mais réel. Le staff attendra les prochaines heures pour trancher. Dans l’intervalle, le Maroc entier retient son souffle, suspendu à une image de genou sur un écran médical, espérant que le ligament soit moins abîmé que les premières craintes ne le laissent entrevoir. Et si ce n’est pas le cas, la question qui se posera sera aussi inconfortable qu’inévitable : jusqu’où une équipe peut-elle aller au Mondial sans son étincelle ?
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