Depuis plusieurs années, une tendance semble s’imposer dans l’industrie du jeu vidéo : privilégier le symbole au détriment de la cohérence narrative. Et si les dernières rumeurs autour de God of War se confirment, la franchise de Santa Monica Studio pourrait bien devenir le nouvel exemple de cette dérive.
L’idée d’un épisode centré sur Faye fait déjà débat. Non pas parce que le personnage n’est pas intéressant, mais parce que God of War n’est pas une licence construite autour de Faye. Depuis près de vingt ans, la saga repose sur une figure iconique : Kratos. Son évolution, sa rage, ses erreurs et sa rédemption ont façonné l’une des histoires les plus marquantes de l’histoire du jeu vidéo.
Ce projet centré sur Faye n’est pas une création artistique. C’est un acte de vandalisme, un régicide symbolique orchestré par une caste de militants qui détestent les héros classiques, les mythes masculins, et toute forme de succès qui ne passe pas par leur prisme étriqué. Ils ne voient pas God of War comme une épopée tragique et violente sur la rédemption, mais comme une plateforme à conquérir pour y plaquer leur récit de victimisation et de remplacement.
Ils sacrifient Kratos sur l’autel de leur propre vertu.
Leur logique est simple et perverse : tout ce qui est ancien doit être suspect, tout ce qui est masculin doit être déconstruit, tout ce qui est populaire doit être récupéré. Faye n’est qu’un prétexte. Le but n’est pas de célébrer un personnage, mais d’effacer un autre. C’est la même logique qui a vidé Star Wars, qui a paralysé Les Anneaux de pouvoir avec des séries télévisées moralisatrices, et qui transforme chaque nouvelle licence en cours de morale progressiste.
Ils prétendent “élargir” l’univers, mais en réalité, ils le rétrécissent. Ils remplacent la complexité par la simplification, la mythologie par la propagande. Kratos, avec ses fautes monstrueuses et sa lutte pour la rédemption, était un personnage d’une richesse rare. Que propose-t-on à la place ? Un préquel sur un personnage dont le seul intérêt narratif était… son absence et son mystère. C’est du remplissage idéologique, sans risque, sans âme, conçu par des comités de communication et non par des artistes.
Le pire, c’est le mépris total pour les fans. Ces gens sont prêts à piétiner vingt ans d’histoire, d’attachement et de succès commercial pour satisfaire une infime minorité bruyante sur les réseaux sociaux et dans la presse spécialisée. Ils considèrent le public traditionnel comme acquis, ou pire, comme un obstacle à leur croisade “progressiste”.
À vouloir transformer chaque franchise pour répondre aux tendances du moment, l’industrie prend un risque considérable. Celui de découvrir que les joueurs ne demandent pas des réécritures permanentes de leurs héros préférés. Ils demandent simplement de bonnes histoires.
Et dans le cas de God of War, beaucoup estiment que la meilleure histoire reste encore celle de Kratos.
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