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Beast of Reincarnation : Game Freak sort de sa zone

Quarante heures. C’est le temps que Game Freak vous demande de lui accorder pour traverser Beast of Reincarnation, et si ce chiffre vous semble anodin, rappelez-vous d’où vient ce studio : des Pokémon, des aventures bouclables en vingt heures chrono, un modèle rodé jusqu’à l’usure. Alors quand le créateur de Pikachu annonce un action-RPG de 30 à 40 heures pour le 4 août sur PS5, Xbox Series X/S et PC, quelque chose de singulier se produit dans le paysage vidéoludique.

La question qui brûle les lèvres n’est pas tant « vaut-il le coup ? » mais plutôt : Game Freak est-il vraiment capable de remplir ces heures de contenu dense et cohérent, lui qui n’a jamais eu à justifier la longueur de ses jeux autrement que par la collection compulsive de créatures ? Les previews récentes citées par IGN évoquent une aventure principale solide, mais la frontière entre un jeu généreux et un jeu qui dilue reste mince, et ce studio n’a pas vraiment l’habitude de marcher sur ce fil.

Ce qui intrigue davantage, c’est la synchronisation avec le Xbox Game Pass. Beast of Reincarnation intègre le catalogue dès le lancement, aux côtés d’une fournée de titres comme Hell is Us ou le symbolique Halo Campaign Evolved. Être day one sur le Game Pass, c’est une épée à double tranchant : la visibilité est maximale, mais les ventes directes s’effondrent mécaniquement. Pour un studio qui tente de prouver qu’il existe au-delà de la franchise Pokémon, ce choix commercial est audacieux, voire risqué.

« Boucler l’histoire principale devrait demander entre 30 et 40 heures, selon les développeurs. »

Car Beast of Reincarnation porte une ambition symbolique que les chiffres ne résument pas. Game Freak cherche à démontrer qu’il sait concevoir un monde adulte, une mécanique de combat ancrée dans l’action pure, sans le filet de sécurité d’une licence à 100 milliards de dollars derrière lui. C’est presque un acte de bravoure, ou d’orgueil créatif, selon l’angle choisi.

Le potentiel est réel. Un action-RPG généreux, signé par un studio qui maîtrise les boucles de gameplay répétitives par construction, disponible immédiatement sur Game Pass sans débourser un euro supplémentaire pour les abonnés : sur le papier, toutes les conditions sont réunies pour un carton d’audience. Mais l’audience n’est pas la critique, et la critique ne sera pas tendre si ces 40 heures ressemblent à du rembourrage habillé en quêtes secondaires creuses.

Le 4 août approche vite, trop vite peut-être pour que le grand public prenne conscience que Game Freak joue ici sa réputation d’auteur indépendant de sa propre licence. Si Beast of Reincarnation convainc, la narrativité du studio sera enfin prise au sérieux. Si l’aventure déçoit, le retour dans le confort de Paldea ou Galar s’imposera comme une évidence triste. L’été gaming vient de trouver son enjeu le plus inattendu.


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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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