Il y a des matchs nuls qui ressemblent à des défaites, et d’autres qui ressemblent à des déclarations d’intention. Le 1-1 entre le Brésil et le Maroc, dimanche à East Rutherford, appartient clairement à la seconde catégorie. Du moins côté marocain.
Sur le papier, la Seleção restait l’épouvantail du groupe C, favori naturel d’une poule qui semblait taillée pour elle. Marquinhos en charnière centrale, Vinicius en état de grâce, Brahim Diaz sur le flanc, et même Endrick sur le banc comme joker de luxe : le casting brésilien avait tout pour impressionner. Sauf que le Maroc, lui, n’a pas lu le scénario.
Les Lions de l’Atlas ont une nouvelle fois démontré ce qu’ils avaient esquissé lors du Mondial 2022 au Qatar : ce n’est plus une belle surprise, c’est une réalité durable. Hakimi sur son flanc droit, maîtrise collective, compacité défensive et transitions rapides, Walid Regragui a construit un bloc cohérent qui refuse de subir. Même face aux meilleurs.
« Crédibles », voilà le mot qu’ont retenu Daniel Riolo et Walid Acherchour pour qualifier ces Lions de l’Atlas après le match.
Ce terme dit tout. Le Maroc ne surprend plus, il confirme. Et c’est précisément là que réside la vraie nouveauté. En 2022, on pouvait encore parler d’exploit, d’émotion, de coup de poker. En 2026, sur sol américain, les Lions arrivent avec un statut et ils l’assument. Tenir tête au Brésil n’est plus un accident, c’est le plan.
Du côté brésilien, le tableau est plus contrasté. Vinicius et Brahim ont certes animé les débats et permis aux Auriverde d’arracher l’égalisation, mais l’ensemble manquait de la fluidité attendue. Endrick, maintenant à l’OL, n’a pas quitté le banc, ce qui pose déjà des questions sur la hiérarchie offensive choisie par le sélectionneur. Une Seleção qui ronronne face à une opposition aussi relevée ne rassure pas, même avec un point en poche.
Ce match nul redistribue aussi les cartes mentalement dans le groupe. Haïti et l’Écosse se partagent l’autre rencontre du groupe C, ce qui signifie que le Brésil et le Maroc ont sans doute rendu un service immense à leur qualification respective en ne se battant pas davantage. Mais la question qui plane désormais est plus excitante : jusqu’où peut aller ce Maroc dans un Mondial à 48 équipes, avec plus de matchs et plus d’espace pour les équipes solides de se révéler au grand jour ?
Les phases finales de cette Coupe du monde 2026 pourraient bien réserver des trajectoires inattendues. Et si les Lions de l’Atlas avaient rendez-vous avec l’histoire pour de bon cette fois-ci ?
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