Il y a des matchs qui n’ont pas de vainqueur au tableau d’affichage mais qui couronnent quand même quelqu’un. Le Maroc et le Brésil se sont quittés sur un score de parité (1-1) lors de ce Mondial 2026, et pourtant une seule question agitait les vestiaires, les réseaux sociaux et les studios d’analyse au coup de sifflet final : qui est ce gamin aux cheveux fous qui vient de dicter sa loi au milieu de terrain face à la Seleção ?
Ayyoub Bouaddi a 18 ans. Né à Senlis, formé en France, il a porté les couleurs des équipes de jeunes tricolores avant de faire un choix décisif fin mai dernier : rejoindre les Lions de l’Atlas. Un choix souverain, assumé, et déjà validé par les faits les plus brutaux qui soient, ceux d’un match de Coupe du monde. Face au Brésil. Pour son premier match chez les grands. La scène était vertigineuse, le joueur ne l’a pas été.
Son sélectionneur Mohamed Ouahbi l’a dit clairement après la rencontre : malgré ses 18 ans, Bouaddi possède déjà une expérience solide du très haut niveau, forgée à Lille où il a gravi les échelons à une vitesse indécente. Noté 7,5 sur 10 par plusieurs médias spécialisés, le milieu lillois a été l’un des rares acteurs du match à sortir la tête haute des deux côtés. Et ce n’est pas rien quand l’adversaire s’appelle le Brésil.
« De telles performances brillantes de la part de cet adolescent, honnêtement, m’ont attiré l’attention en seconde mi-temps. Une telle performance à un âge comme le sien est toujours époustouflante à regarder, surtout contre cette équipe brésilienne. J’aimerais que Liverpool le suive tout au long du tournoi et le fasse signer après. » (Steven Gerrard)
Voilà que Steven Gerrard, légende du football mondial, sort de sa réserve pour vanter publiquement le profil de Bouaddi et plaider pour un transfert à Liverpool. La comparaison avec Vitinha est lâchée dans la foulée, et ce n’est pas un compliment anodin : Vitinha, c’est un milieu de contrôle et de projection qui fait tourner le Paris Saint-Germain depuis plusieurs saisons. L’ombre du PSG, justement, plane déjà sur ce dossier selon plusieurs sources, même si rien d’officiel n’a été annoncé à ce stade.
Ce qui me fascine dans ce cas précis, c’est la densité du choix que ce garçon a opéré. Choisir le Maroc plutôt que la France à 18 ans, c’est s’inscrire délibérément dans une narration plus grande que soi, continuer ce que Hakimi, Ziyech et les autres ont commencé au Qatar en 2022. Et son entrée en scène au Mondial lui donne instantanément raison, ce qui est rare. Beaucoup de jeunes joueurs craquent sous le poids de pareilles attentes, lui semblait presque s’en nourrir.
Le danger, évidemment, c’est l’emballement. Une seule prestation, aussi brillante soit-elle, ne fait pas une carrière. Les prochains matchs des Lions de l’Atlas diront si Bouaddi est un feu d’artifice ou une étoile durable. Mais ce qui est certain, c’est que la Coupe du monde vient de trouver sa prochaine obsession collective, et que la France, elle, regarde ça depuis le mauvais côté du terrain.
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