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Gims allume les rappeurs TikTok, le rap divisé

Tout le monde a un avis sur le rap français, mais peu osent le formuler aussi clairement depuis leur position. Gims, figure tutélaire du genre depuis plus de quinze ans, vient de lâcher une prise de position qui fait déjà débat : pour lui, il existe un fossé net entre les artistes qui construisent une œuvre durable et ceux qui surfent sur les formats courts pour exister le temps d’une tendance.

Dans des déclarations relayées ce dimanche, l’ancien leader de Sexion d’Assaut s’est exprimé sans détour sur l’état du rap hexagonal. D’un côté, il défend des noms comme Kaaris, Ninho, Maes ou Werenoi, qu’il considère comme des valeurs sûres du genre. De l’autre, il critique frontalement ce qu’il appelle les « rappeurs TikTok », désignant ainsi des artistes dont la stratégie repose essentiellement sur la viralité des réseaux sociaux plutôt que sur la solidité d’un projet musical.

Ce positionnement n’est pas anodin. Il intervient dans un contexte où les plateformes comme TikTok ont profondément reconfiguré les règles du jeu dans la musique : un extrait de quinze secondes peut propulser un titre dans les charts sans que l’artiste ait jamais sorti d’album cohérent. La question que soulève Gims, sans forcément la formuler de manière académique, est celle de la profondeur artistique face à l’optimisation algorithmique.

« Zoo de Kaaris, c’est le plus grand morceau de trap française », selon Kalash Criminel, qui rejoint ainsi une certaine vision du rap qui valorise l’impact brut et la signature sonore forte.

Ce qui est intéressant dans la sortie de Gims, c’est qu’elle cristallise une tension générationnelle réelle dans le rap français. Les artistes qu’il cite en exemple ont tous construit leur réputation sur la durée, avec des projets discographiques consistants et une identité artistique reconnaissable. Les « rappeurs TikTok » qu’il vise, sans les nommer, incarnent une logique inverse : maximiser l’exposition immédiate au détriment de la cohérence.

On peut nuancer : TikTok a aussi permis à de vrais talents de percer sans le filtre des majors, et réduire cette génération à de simples opportunistes serait caricatural. Mais la critique de Gims porte sur un choix éditorial, une manière de concevoir la musique comme un produit de consommation rapide plutôt que comme une expression artistique construite. Sur ce point, le débat est légitime et loin d’être tranché.

Au fond, chaque époque du rap a eu ses puristes et ses modernistes. Ce qui change aujourd’hui, c’est la vitesse à laquelle un artiste peut apparaître puis disparaître du radar. La question n’est pas de savoir qui a raison entre Gims et la génération scroll, mais ce que le public choisira de retenir dans dix ans.


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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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