Films & Séries

Spielberg, Cruise et une influence secrète que personne n’avait vue venir

Il y a des rencontres artistiques que l’on n’aurait jamais imaginées, et pourtant. Quand un maître du cinéma mondial prépare son prochain grand film, on s’attend à ce qu’il cite ses propres références, ses obsessions de toujours, les œuvres qui ont forgé sa vision. On ne s’attend pas, en revanche, à ce qu’il évoque une franchise d’action haletante dont l’emblématique héros ne vieillit jamais. Et pourtant, c’est exactement ce qui vient de se passer.

Steven Spielberg, dont le nouveau film Disclosure Day se prépare à débarquer sur les écrans, a laissé échapper une confidence pour le moins surprenante lors d’une récente prise de parole aux côtés de son acteur Josh O’Connor. À une question posée en apparence anodine, les deux hommes ont révélé l’influence inattendue qu’a eue Tom Cruise, ou plus précisément Mission Impossible, sur le tournage. L’anecdote est aussi savoureuse qu’elle est déroutante.

On pourrait sourire, se dire que c’est un détail anecdotique balancé en conférence de presse pour faire parler. Mais non. Chez Spielberg, rien n’est jamais vraiment anodin. Le cinéaste a toujours été un éponge culturelle insatiable, capable d’absorber l’énergie d’un blockbuster d’action autant que la sobriété d’un film de chambre européen, et de les distiller dans quelque chose d’entièrement nouveau. Alors quand il dit que Mission Impossible a pesé d’une façon ou d’une autre sur Disclosure Day, ça mérite qu’on s’y arrête.

« L’influence de Mission Impossible sur notre tournage était totalement inattendue, mais absolument réelle. »

Ce qui intrigue le plus, c’est le profil même de Josh O’Connor dans ce projet. L’acteur britannique, révélé dans The Crown puis consacré par Challengers, incarne une génération de comédiens qui refusent de se laisser enfermer dans un registre. Le voir graviter dans l’orbite spielbergienne est déjà une information en soi. Que cette collaboration soit teintée, même subtilement, de l’ADN d’une franchise portée par la démesure et les cascades vertigineuses de Cruise, voilà qui ouvre des perspectives narratives franchement excitantes.

On peut imaginer un Spielberg qui aurait voulu insuffler à Disclosure Day une tension mécanique, une urgence dans le découpage, une façon d’embarquer le spectateur dès la première séquence sans lui laisser le temps de souffler. Ce serait cohérent avec la manière dont Cruise conçoit lui-même le cinéma d’action, comme une promesse physique faite au public. Spielberg, lui, a toujours su comment faire battre les cœurs. La combinaison des deux logiques pourrait produire quelque chose d’assez redoutable.

Rien n’est encore confirmé sur la nature exacte de cette influence ni sur ce que Disclosure Day sera vraiment dans sa forme finale. Mais l’idée que le plus grand réalisateur américain en activité soit allé chercher une étincelle dans une saga d’espionnage pour alimenter son prochain projet dit quelque chose d’intéressant sur la porosité entre cinéma d’auteur et cinéma de genre. Une frontière qui, décidément, ne cesse de s’effacer.


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