Gaming

Une décennie sur Cloud Nine : et si Hamaguchi avait épuisé son génie ?

Imaginez un réalisateur qui, après avoir passé presque dix ans de sa vie à ressusciter le mythe absolu du JRPG, se retrouve soudainement face à une page blanche. C’est exactement la situation dans laquelle se trouve Naoki Hamaguchi, directeur de la trilogie Final Fantasy VII Remake, qui a eu la franchise de s’exprimer sur son avenir bien avant même que le dernier volet soit dans les bacs.

Final Fantasy VII : Revelation, attendu au printemps prochain, n’est pas encore sorti que son créateur parle déjà d’après. Dans un entretien accordé à Game Informer, Hamaguchi reconnaît qu’une fois cette aventure achevée, il lui faudra réinventer sa trajectoire créative. C’est à la fois une confidence touchante et une question qui mérite d’être posée frontalement : est-ce qu’on peut redevenir un game designer ordinaire après avoir réinventé Cloud, Aerith et Sephiroth pour une génération entière de joueurs ?

La trilogie FF7 Remake est un projet d’une ambition rare dans l’industrie. Rebirth, le deuxième volet, a soufflé les esprits avec sa carte du monde démesurée, ses mini-jeux en cascade et son audace narrative, tout en essuyant des critiques sur sa structure parfois touffue. Revelation devra donc boucler une boucle narrative que l’équipe a pris le risque de réécrire en profondeur par rapport à l’original de 1997. Ce n’est pas rien : des millions de joueurs ont grandi avec cette histoire, et Hamaguchi les a délibérément emmenés ailleurs.

« Je veux explorer quelque chose de complètement nouveau après ça. Je pense que ce serait une bonne chose pour moi en tant que créateur. »

Cette déclaration, simple en apparence, dit beaucoup sur la pression que représente un projet aussi chargé symboliquement. Hamaguchi ne fuit pas : il reconnaît implicitement qu’on ne peut pas passer une décennie dans l’ombre de Hironobu Sakaguchi sans avoir envie, au fond, de créer quelque chose qui lui appartienne entièrement.

La vraie question, celle que peu d’articles osent formuler, c’est celle du risque créatif post-franchise. L’histoire du jeu vidéo est jalonnée de directeurs qui ont construit leur légende sur une licence colossale et qui peinent ensuite à exister en dehors. Ce serait injuste de le condamner par avance : Hamaguchi a montré avec la trilogie une maîtrise de la mise en scène et une ambition narrative qui dépassent largement le simple exercice de nostalgie. Mais l’ombre de FF7 est gigantesque.

En attendant Revelation, le vrai test sera là : le dénouement de cette trilogie sera jugé à l’aune de tout ce qui a été promis depuis Remake en 2020. Si Hamaguchi réussit à conclure dignement, il repartira avec un crédit artistique immense pour tenter ce projet inconnu qu’il n’a pas encore nommé. Et franchement, c’est peut-être ça qui est le plus excitant dans toute cette affaire.


En savoir plus sur Glorieux Geek

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *