Politique & Economie

Ormuz : la bombe économique qui sommeille

Un seul navire libéré, dix encore bloqués : le détroit d’Ormuz joue en ce moment avec les nerfs de l’économie mondiale, et personne ne sait combien de temps cette partie durera encore.

Dimanche matin, CMA CGM a annoncé qu’un de ses porte-conteneurs avait réussi à franchir le détroit d’Ormuz, ce passage grand comme un couloir entre le golfe Persique et le reste du monde. Une petite victoire symbolique dans un contexte qui reste explosif : dix autres navires du troisième armateur mondial demeurent immobilisés dans la zone. Et pour cause. Moins de deux semaines après la signature d’un protocole d’accord entre Washington et Téhéran censé calmer le jeu, les deux puissances ont de nouveau échangé des frappes. Trump a brandi la menace d’une reprise des hostilités. Le cessez-le-feu vacille dangereusement.

Ce qu’on a tendance à sous-estimer, c’est l’ampleur du risque économique concret. Par Ormuz transite environ 20 % du pétrole mondial. Un blocage prolongé ne se limite pas à une hausse du brut : c’est une onde de choc qui touche les chaînes d’approvisionnement mondiales, les prix du fret, les coûts de l’énergie en Europe, et in fine le portefeuille des consommateurs.

« Les tensions entre les États-Unis et l’Iran continuent de peser sur le commerce maritime mondial. »

CMA CGM est propriétaire de La Tribune, ce qui rend la couverture de l’affaire particulièrement délicate à lire sans recul. Mais les faits, eux, sont têtus : des navires civils pris en otage de facto par une crise géopolitique, c’est exactement le scénario que les marchés financiers redoutaient depuis des mois sans oser le prix intégralement dans leurs cours.

La vraie question n’est pas de savoir si un accord tiendra. C’est de mesurer combien de jours supplémentaires de blocage suffisent à provoquer le prochain choc pétrolier.


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