Cent ans, une carrière hors norme, et une question qui demeure sans réponse propre : Alan Greenspan a-t-il sauvé l’économie mondiale ou semé les graines de sa pire crise ? L’ancien patron de la Réserve fédérale américaine est décédé lundi 22 juin à l’âge d’un siècle, laissant un héritage que l’histoire continue de trier.
Pendant près de vingt ans aux commandes de la Fed, de 1987 à 2006, Greenspan a traversé la chute du mur de Berlin, l’explosion de la bulle internet et les attentats du 11 septembre. À chaque secousse, sa recette était identique : baisser les taux, inonder les marchés de liquidités, et faire confiance à la main invisible pour tout réguler. Cette philosophie, héritée d’Ayn Rand dont il fut l’ami proche, a dominé la pensée économique mondiale durant toute une génération.
Le problème, c’est que cette même doctrine a contribué à gonfler la bulle immobilière des années 2000. Quand elle a éclaté en 2008, précipitant la crise des subprimes et la quasi-faillite du système financier mondial, Greenspan a dû concéder devant le Congrès américain quelque chose d’historiquement rare : il s’était trompé sur la capacité des marchés à s’autoréguler.
« J’ai trouvé une faille dans mon idéologie. Je ne sais pas à quel point elle est significative ni durable. »
Cette confession de 2008 reste l’une des plus marquantes de l’histoire économique récente. Mais au-delà de l’anecdote, elle pose une question toujours brûlante en 2026 : les banques centrales du monde entier, qui manient encore les taux comme seul outil face aux crises, ont-elles vraiment tiré les leçons du « Maestro » ? L’Australie, engloutie dans une surchauffe immobilière que ses propres hausses de taux peinent à contenir, semble répondre par la négative.
Greenspan est mort. Ses contradictions, elles, ont encore de beaux jours devant elles.
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