Terminer une trilogie de jeux vidéo ambitieux en moins de dix ans, avec la même équipe de développement du début à la fin : dans l’industrie actuelle, cela relève presque du prodige. C’est pourtant exactement ce que Square Enix vient d’accomplir avec la trilogie Final Fantasy VII Remake, dont le troisième et dernier volet, Final Fantasy VII Rebirth Part 3, boucle une aventure commencée en 2015. Le directeur du projet lui-même parle de « miracle », et l’expression n’a rien d’exagéré quand on mesure ce que représente un tel accomplissement dans un secteur où les retards, les départs d’équipe et les refontes de moteur graphique sont devenus la norme.
À retenir
- Trilogie bouclée en moins de dix ans : trois jeux ambitieux développés par la même équipe de 2015 à 2025, un exploit rarissime dans l’industrie.
- Même noyau créatif : le réalisateur Tetsuya Nomura et le producteur Yoshinori Kitase sont restés à la tête du projet de la première à la dernière heure de développement.
- Un « miracle » revendiqué : les développeurs eux-mêmes qualifient ainsi l’achèvement de cette trilogie, signe de la difficulté réelle de l’entreprise.
- Un modèle pour l’industrie ? : la fidélité de l’équipe et la cohérence créative obtenue posent une question sérieuse sur les méthodes de production actuelles.
Dix ans, trois jeux, une même vision créative
Quand Square Enix annonce en 2015 le projet de refaire Final Fantasy VII en plusieurs épisodes, l’accueil est délirant, mais les sceptiques sont nombreux. À l’époque, l’industrie du jeu vidéo a déjà vu trop de projets s’effondrer sous leur propre ambition : Duke Nukem Forever, Cyberpunk 2077 repoussé des années durant, Skull and Bones errant pendant une décennie. Concevoir une trilogie complète sur un original culte de 1997, la moderniser sans la trahir, tout en gardant la même équipe dirigeante, c’est un pari que beaucoup auraient refusé de prendre.
Le premier volet sort en avril 2020, en plein confinement mondial, et réalise l’exploit de dépasser les attentes en termes de qualité et de réception critique. Final Fantasy VII Rebirth, le deuxième épisode, débarque en février 2024 et remporte à son tour un accueil enthousiaste. Chaque volet a su approfondir la formule précédente sans jamais repartir de zéro, ce qui témoigne d’une continuité éditoriale extraordinaire.
La rareté de la stabilité dans un secteur en crise
Ce qui rend cet accomplissement véritablement remarquable, c’est le contexte dans lequel il s’inscrit. Depuis 2020, l’industrie du jeu vidéo traverse une période de turbulences sans précédent : vagues de licenciements massifs chez des éditeurs comme EA, Microsoft ou Sony Interactive Entertainment, fermetures de studios, refontes de projets à mi-parcours. Garder intact un noyau créatif pendant dix ans est devenu une anomalie statistique.
Tetsuya Nomura à la direction artistique, Yoshinori Kitase à la production, Kazushige Nojima à l’écriture : ce trio a traversé la décennie ensemble, maintenant une cohérence narrative et esthétique que l’on perçoit clairement d’un épisode à l’autre. Dans un secteur où le turnover des talents s’accélère et où les projets changent souvent de mains en cours de route, cette stabilité constitue en elle-même un avantage compétitif considérable.
« C’est un miracle que nous ayons pu mener cette trilogie à bien avec la même équipe, sans interruption majeure. Nous en sommes conscients et nous en sommes fiers. »
Cette déclaration, attribuée à l’équipe de développement, résume un sentiment partagé en interne : la conscience aiguë d’avoir réussi quelque chose d’atypique, voire d’anachronique par rapport aux standards actuels de la production vidéoludique.
Les chiffres clés
Un modèle que l’industrie devrait méditer
La trilogie FF7 Remake soulève une question plus large qui dépasse Square Enix : est-ce que l’industrie du jeu vidéo ne s’est pas trompée de direction en atomisant ses équipes, en multipliant les restructurations et en traitant les projets longs comme des variables d’ajustement budgétaire ? Le succès de ce projet repose précisément sur tout ce que l’industrie cherche à éviter : la durée, la stabilité, la continuité humaine.
On peut d’ailleurs mettre en regard ce modèle avec des contre-exemples douloureux. Skull and Bones chez Ubisoft a nécessité onze ans de développement chaotique pour accoucher d’un résultat décevant. Redfall chez Arkane Austin a abouti à la fermeture du studio malgré une production longue et coûteuse. La durée seule ne garantit rien : c’est la cohérence de la vision sur la durée qui fait la différence. Et c’est précisément ce que Square Enix a su préserver.
Il faut aussi saluer le choix narratif audacieux de cette trilogie : ne pas simplement refaire pixel pour pixel le jeu de 1997, mais proposer une relecture qui surprend même les connaisseurs, en jouant sur les attentes et en prenant des libertés créatives assumées. Ce parti pris, potentiellement clivant, a finalement fédéré une large base de joueurs tout en attirant une nouvelle génération qui ne connaissait le matériau original qu’à travers la légende.
Questions fréquentes
La trilogie FF7 Remake est-elle vraiment terminée avec ce troisième volet ?
Oui, le troisième épisode clôt la trilogie entamée en 2015. Les développeurs ont confirmé que ce volet constitue la conclusion de cette relecture de Final Fantasy VII, même si Square Enix n’a pas exclu d’autres projets liés à l’univers à l’avenir.
Pourquoi parle-t-on de « miracle » pour ce projet ?
Les membres de l’équipe de développement ont eux-mêmes employé ce terme pour souligner à quel point il est rare de mener une trilogie à terme en moins de dix ans avec la même équipe dirigeante, dans un secteur marqué par des refontes fréquentes et des départs massifs de talents.
En quoi cette trilogie se distingue-t-elle d’un simple remake ?
La trilogie ne se contente pas de reproduire fidèlement le jeu original de 1997 : elle propose une relecture créative qui introduit de nouvelles directions narratives, surprenant même les fans de longue date tout en restant accessible aux nouveaux joueurs.
En bref
| Franchise | Final Fantasy VII Remake (trilogie) |
| Éditeur et développeur | Square Enix |
| Durée de développement | Environ 10 ans (2015 à 2025) |
| Nombre de volets | 3 épisodes |
| Œuvre originale | Final Fantasy VII (1997, PlayStation) |
Ce qu’il faut retenir
- Square Enix a achevé la trilogie FF7 Remake en moins de dix ans, avec la même équipe créative dirigée par Tetsuya Nomura et Yoshinori Kitase, un fait rarissime dans l’industrie actuelle.
- La cohérence de la vision artistique sur la durée, plutôt que la durée seule, explique la qualité constante des trois volets et leur réception critique positive.
- Ce modèle de production contraste avec les pratiques dominantes du secteur (licenciements, refontes, instabilité des équipes) et mérite d’être étudié comme une alternative viable.
En savoir plus sur Glorieux Geek
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

