Politique & Economie

2027 : le marigot où tous veulent survivre

Rarement une élection présidentielle n’aura autant ressemblé à une salle des urgences politique : tout le monde arrive blessé, personne ne semble vraiment en état de gouverner, et pourtant chacun réclame les clés de l’Élysée. La chronique de Françoise Fressoz dans Le Monde résume l’état du champ politique français avec une formule qui fait mal : « un marigot de candidatures désespérées, de survie, de challenge ou portées par le dégagisme ».

Ce tableau, aussi sombre soit-il, mérite qu’on s’y attarde. Parce qu’il dit quelque chose de profond sur ce que la France traverse. Pas une simple crise de leadership, mais une crise de légitimité généralisée. Les partis traditionnels se sont vidés de leur substance idéologique, les outsiders surfent sur la colère sans programme solide, et les candidats de « survie » courent après un mandat qui prolongerait leur existence politique plutôt qu’ils ne répondraient à une vision du pays.

La Présidentielle 2027 s’annonce ainsi comme un scrutin paradoxal : intense en termes de concurrence, pauvre en termes de profondeur programmatique. On voit des ambitions, on cherche les projets. Le PS lui-même est incapable de trancher sur la question élémentaire de savoir qui peut voter à sa primaire sociale-démocrate : les militants seulement, ou l’ensemble des électeurs ? Ce débat, qui occupe un conseil national entier ce mardi, révèle un parti encore en train de négocier son identité, pas de proposer une alternative crédible.

« Contre toute attente, l’esprit de sérieux pourrait finir par l’emporter tant le pays est confronté à des défis existentiels. »

C’est peut-être là le seul motif d’optimisme dans cette analyse. La France n’est pas en crise ordinaire : dette abyssale, transitions climatique et énergétique à financer, tissu industriel à reconstruire, fractures sociales béantes. Face à l’ampleur du chantier, les candidats de posture pourraient se retrouver nus. La réalité a cette vertu cruelle de trier les ambitieux des sérieux.

Mais le risque inverse est tout aussi réel. Quand le marigot est aussi encombré, c’est souvent le plus habile communicant qui l’emporte, pas le plus compétent. Et dans un pays où la défiance envers les élites atteint des sommets historiques, le dégagisme reste une force électorale redoutable, capable de porter n’importe quel candidat hors-système jusqu’au second tour, peu importe la solidité de son programme.

La question qui se pose véritablement d’ici dix-huit mois n’est donc pas « qui va gagner » mais « est-ce que le système politique français est encore capable de produire une offre à la hauteur des défis » ? Pour l’instant, le marigot répond non. Reste à savoir si quelqu’un parviendra à s’en extraire avant le premier tour.


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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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