Dix-huit mois avant le premier tour, la présidentielle 2027 ressemble déjà à un champ de bataille saturé de candidats qui ne disent pas tous leur nom. Et le calendrier s’accélère brutalement.
Bruno Retailleau a ouvert le bal samedi au Parc floral de Paris, devant ses troupes républicaines. Ton martial, lexique de la rupture : il promet de « remettre la France à l’endroit » et annonce « soit l’effondrement, soit le redressement ». Une rhétorique de l’urgence absolue, efficace pour mobiliser une base militante, mais qui pose la question du fond programmatique. Le premier meeting ne suffit pas à définir un projet, et LR reste un parti dont l’assise électorale s’est considérablement réduite depuis 2017.
Pendant ce temps, François Bayrou revient avec un livre sur la dette, neuf mois après sa sortie chaotique de Matignon. Sans autocritique notable selon les sources, il se repositionne en sage du centre, regardant vers le centre gauche, peu convaincu par les chances d’Attal ou d’Édouard Philippe. La survie du MoDem semble primer sur toute autre considération.
« Il faudrait être fou pour ne pas s’inquiéter de la hausse des températures. »
Cette déclaration de Thomas Ménagé, porte-parole RN, illustre le grand écart rhétorique que pratique son parti : verdissement du discours en façade, tout en gérant l’épée de Damoclès que constitue le procès en appel de Marine Le Pen le 7 juillet. Si la peine d’inéligibilité est confirmée, le RN se retrouve sans candidate phare. Ménagé a promis qu’on « n’appellera pas à l’insurrection ». Rassurant. Mais la question de la succession reste entière et brûlante.
2027 s’annonce comme une élection où les positionnements priment sur les idées, et où chacun joue sa survie politique autant que la conquête du pouvoir. La campagne la plus longue de la Ve République a peut-être déjà commencé.
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