Vendredi après-midi, les armes se sont officiellement tues. Samedi matin, cinq personnes étaient mortes sous de nouveaux bombardements israéliens dans le sud du Liban. Voilà tout ce qu’il faut savoir sur la solidité de la trêve conclue entre Israël et le Hezbollah.
Ce cessez-le-feu n’est pas né d’une volonté commune de paix, mais d’une double contrainte extérieure. D’un côté, Washington, qui surveille anxieusement son protocole d’accord avec Téhéran et ne peut se permettre que le Liban fasse dérailler une négociation plus large. De l’autre, l’Iran, qui a visiblement mis la pression sur son allié hezbollahi pour éviter une escalade mal timée. Le Hezbollah et Israël ne se sont pas mis d’accord : ils ont obéi à leurs parrains respectifs, ce qui est très différent.
« Israël n’entend pas se retirer du sud du Liban. »
C’est là le nœud du problème. Une trêve sans retrait israélien du territoire libanais, c’est une bombe à retardement avec minuterie masquée. Le Liban a déjà vécu cette séquence : cessez-le-feu de novembre 2024, violations quasi immédiates, maintien de troupes israeliennes dans le sud. L’histoire bégaie avec une précision décourageante.
La vraie question n’est pas de savoir si cette trêve tiendra, mais combien de temps les grandes puissances pourront maintenir leur pression simultanée. Le deal américano-iranien avance sur sa propre logique, et dès qu’il sera conclu ou torpillé, cette contrainte externe disparaîtra. Israël retrouvera alors sa liberté d’action totale dans un pays du Cèdre qui n’a ni armée capable de lui résister, ni garanties internationales réelles.
Le Liban est, une fois de plus, le terrain de jeu où se règlent des comptes qui le dépassent entièrement. Et les cinq morts de cette nuit en sont le premier reçu.
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