Brendan Greene a inventé le battle royale, vendu des millions de copies de PUBG, et fondé son propre studio avec des ambitions démesurées. Résultat six mois après le lancement en accès anticipé de Prologue : Go Wayback : le jeu est mort, l’équipe est réduite, et les joueurs réclament leurs 20 euros.
La trajectoire de PlayerUnknown Productions ressemble à une chute libre planifiée. Le studio, soutenu par Krafton, s’était fixé un plan en trois titres. Preface : Undiscovered World, la première étape, n’a convaincu personne. Prologue : Go Wayback, lancé en novembre 2025, devait être le vrai coup d’éclat : un jeu de survie roguelike générant des mondes de 64 km² grâce à un moteur maison baptisé Melba. La promesse était séduisante, presque trop.
« Nous avons dû prendre la difficile décision de restructurer notre studio et d’interrompre le développement de Prologue : Go Wayback. »
Ce qui choque ici n’est pas l’échec en soi, c’est la vitesse. Six mois. À peine le temps de construire un feu de camp dans le jeu. La décision de quitter l’accès anticipé tout en laissant le titre en version inachevée, certes gratuite et remboursable sans condition pendant 60 jours, témoigne d’une honnêteté rare dans l’industrie. Mais elle révèle surtout une ambition technologique qui a dévoré ses propres ressources.
Car Melba, ce moteur procédural censé générer des mondes à l’échelle planétaire, reste le vrai projet. Spéculons franchement : PlayerUnknown Productions a peut-être sacrifié Prologue pour préserver le développement de cette technologie avec une équipe réduite. Si Melba tient ses promesses, l’aventure n’est pas terminée. Si elle échoue, Greene aura dilapidé sa légitimité sur un rêve de terrain vague.
L’accès anticipé a encore frappé. Mais cette fois, le studio a au moins eu la décence de laisser la porte ouverte aux remboursements. Est-ce suffisant pour que les joueurs lui refassent confiance ?
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