Il y a quelque chose d’électrique dans l’air de Manhattan en ce moment. La ville qui ne dort jamais vient à peine de finir de célébrer son titre NBA que déjà une autre fête se prépare, une autre couleur envahit les rues : le bleu, le blanc, le rouge. Les supporters français ont posé leurs valises dans la ville la plus folle du monde, et ils savourent chaque minute de ce qui ressemble à un rêve éveillé avant un match qui, sur le papier, ne devrait pas faire peur à grand-monde.
La France affronte le Sénégal mardi 16 juin dans un MetLife Stadium qui s’annonce bouillant, et l’enjeu dépasse largement les trois points d’un premier tour. C’est le ton d’une Coupe du monde entière qui se joue dans ces premières heures américaines. Car l’équipe de France traîne avec elle une réputation aussi lourde que son palmarès : celle d’une sélection capable du meilleur comme du pire, d’une équipe qui peut humilier n’importe quel adversaire un soir et se faire surprendre le lendemain par sa propre désinvolture.
New York, justement, est le genre d’écrin qui pardonne rarement la médiocrité. La ville a accueilli la Coupe du monde avec un enthousiasme qu’on ne lui connaissait pas pour le football, et les supporters des Bleus qui arpentent Times Square ou Central Park semblent portés par une énergie différente, plus légère, presque libérée de la pression habituelle qui écrase les grandes compétitions à domicile ou en Europe.
« Vous avez été une inspiration pour beaucoup », a déclaré Zohran Mamdani, maire de New York, en rendant hommage à Samir Nasri lors d’un événement organisé en marge du Mondial.
Cette scène, presque anecdotique, dit pourtant quelque chose de profond sur ce que cette Coupe du monde représente pour la culture footballistique mondiale. Même un maire américain connaît Nasri. Même New York s’est convertie, au moins le temps de quelques semaines, à la religion du ballon rond. Et dans ce contexte inédit, les Bleus ont une carte à jouer qu’ils n’ont peut-être jamais eu aussi clairement : celle d’être la grande nation attendue, l’équipe dont tout le monde parle, dans une ville qui amplifie tout.
Le Sénégal ne sera pas un adversaire docile pour autant. Solide, athlétique, porté par une génération de joueurs qui évoluent au plus haut niveau européen, les Lions de la Téranga ont appris depuis longtemps à jouer sans complexes face aux favoris. La gestion du bloc, la qualité dans les transitions, la capacité à tenir un résultat : ce sont des qualités que le staff français devra anticiper plutôt que découvrir dans le feu de l’action.
La vraie question reste celle du collectif. Pas celle des individualités, qui ne font jamais défaut en équipe de France. Mais celle de la cohésion, de la fluidité, de ce sentiment d’unité qu’on a si rarement vu chez les Bleus en phase de poules. New York est magique. Suffisamment pour transformer une équipe en équipe ?
En savoir plus sur Glorieux Geek
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
