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Il revient, il fait rire, et il écrase tout sur son passage

Il y a des franchises qu’on croit mortes, enterrées sous des années de silence et de parodies qui avaient elles-mêmes parodié la parodie. Et puis elles ressurgissent, sans prévenir, avec une insolence presque jouissive, et elles s’emparent du box-office comme si elles n’avaient jamais disparu. C’est exactement ce qui vient de se passer en France avec le retour d’une saga que toute une génération a usée sur canapé, entre éclats de rire gras et références pop culture en cascade.

Scary Movie 6 est là. Et visiblement, le public français n’attendait que ça.

Les chiffres de la première semaine au box-office l’attestent sans ambiguïté : le sixième volet de la franchise comique s’impose directement en tête du classement hexagonal. Ce n’est pas rien. Dans un contexte où les salles peinent régulièrement à attirer les foules sur des comédies pures, sans super-héros ni effets spéciaux à deux cents millions de dollars, un tel démarrage mérite qu’on s’y arrête.

La vraie information, et elle compte énormément pour comprendre pourquoi ce film suscite une attente réelle, c’est le retour aux commandes des frères Wayans. Keenen Ivory et ses frères avaient fondé l’ADN de la franchise avec les deux premiers opus, ceux qui avaient réellement défini le ton : irrévérencieux, vulgaire avec méthode, et surtout redoutablement efficaces pour se moquer des codes de l’horreur. Les volets suivants, réalisés sans eux, avaient progressivement perdu cette patte, transformant Scary Movie en machine à gags recyclés sans véritable cerveau satirique derrière.

« Les frères Wayans sont de retour aux commandes, et ça change absolument tout dans l’approche de la comédie. »

C’est là que la question devient intéressante : peut-on retrouver, vingt ans après, cette mécanique comique qui fonctionnait si bien ? Le genre de l’horreur grand public a lui-même énormément évolué. Il s’est pris bien plus au sérieux, avec des œuvres comme Midsommar, Hereditary ou les productions de A24 qui offrent désormais une matière autrement plus riche à parodier que le Scream ou le Blair Witch Project des années 2000. Si les Wayans ont su lire l’époque et adapter leur regard critique à ces nouvelles cibles, Scary Movie 6 pourrait représenter bien plus qu’un simple coup de nostalgie commercial.

Mais le risque est là, évident, et il serait malhonnête de l’occulter. La nostalgie est une mécanique redoutable à court terme et traître sur la durée. Le public peut se précipiter en salle par réflexe affectif, pousser des chiffres d’ouverture flatteurs, puis le bouche-à-oreille dégonfler le soufflé si le film ne tient pas ses promesses. On a vu cette trajectoire trop souvent.

Ce démarrage en tête du box-office français prouve en tout cas une chose : le public a encore faim d’une comédie décomplexée, sans message obligatoire, sans leçon à retenir en sortant de la salle. Juste le plaisir brut de rire devant des genres qu’on aime se faire écharper. Si les Wayans ont gardé cet instinct intact, la saga a peut-être encore quelque chose à dire.


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