Quinze ans d’oubli pour une œuvre qui n’avait pas démérité. Pendant que Zack Snyder construisait son empire de superhéros DC, un film glissait entre les mailles, éclipsé avant même d’avoir eu sa chance.
Sucker Punch, sorti en 2011, reste l’un des cas les plus troublants de la filmographie Snyder. À sa sortie, la critique l’a massacré, les spectateurs ont boudé, et le film s’est retrouvé enterré sous les blockbusters qui allaient suivre, de Man of Steel à Batman v Superman. Pourtant, disponible désormais sur Netflix, il mérite qu’on lui accorde enfin un regard neuf.
Le problème à l’époque n’était pas l’ambition, mais le malentendu. Sucker Punch propose une mise en abyme audacieuse : une héroïne enfermée dans un asile psychiatrique qui s’évade mentalement dans des univers fantasmagoriques mêlant Seconde Guerre mondiale revisitée, dragons steampunk et robots géants. Snyder y injectait déjà toute sa grammaire visuelle, cette esthétique de clip hyper stylisée qui divise autant qu’elle fascine. Le public, venu chercher un film d’action classique, est reparti désorienté.
“Sucker Punch est un film sur l’emprisonnement des femmes par des hommes qui leur volent leur imagination et leur pouvoir.” (Zack Snyder, lors de la promotion du film)
Relire le film aujourd’hui, c’est redécouvrir une œuvre imparfaite mais sincère, portée par un propos sur l’enfermement et la dissociation que beaucoup ont raté au premier passage. Les séquences d’action restent visuellement stupéfiantes, et la bande originale, souvent négligée, est franchement remarquable.
Netflix offre à Sucker Punch une deuxième vie inespérée. Quinze ans plus tard, avec le recul sur l’ensemble de la carrière Snyder, l’exercice de réévaluation s’impose. Raté commercial, oui. Œuvre sans intérêt, absolument pas.
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