Un film DC au box-office américain qui tient tête à Pixar : voilà une phrase qu’on n’aurait pas écrite sans sourciller il y a encore deux ans. Et pourtant, ce week-end, “Supergirl” se glisse en deuxième position derrière “Toy Story 5”, suffisamment solide pour faire parler d’elle dans un paysage de superhéros encore marqué par la gueule de bois des dernières années Marvel.
La vraie question n’est pas tant la performance brute de “Supergirl” que ce qu’elle signale. Après des années de fatigue du genre, après des productions qui sacrifiaient l’écriture sur l’autel du message, le public revient-il timidement vers le film de super-héros ? La réponse est peut-être oui, mais à une condition stricte : que le film raconte quelque chose, avant de vouloir démontrer quoi que ce soit.
“Le public ne fuit pas les super-héros, il fuit les mauvaises histoires déguisées en super-héros.”
C’est précisément là où Marvel a perdu pied ces dernières années. Pas à cause d’un casting ou d’un personnage en particulier, mais à cause de choix scénaristiques nébuleux, d’un multivers trop complexe pour embarquer le grand public et de films qui ressemblaient davantage à des épisodes de série mal montés. DC, pour sa part, repart sur des bases plus nettes avec son reboot sous James Gunn, et “Supergirl” semble en être un premier signal encourageant.
Pendant ce temps, le film d’horreur “Obsession” s’installe en troisième place, rappelant que le genre reste l’une des valeurs refuges du cinéma populaire, capable de remplir les salles avec des budgets modestes. Un modèle que les studios en crise feraient bien de méditer. Si la tendance se confirme cet été, on pourrait assister à un vrai rééquilibrage : moins de tentpoles épuisants, plus de récits calibrés.
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