Politique & Economie

Hollande joue au chat et à la souris

Neuf ans après avoir quitté l’Élysée avec l’un des taux de popularité les plus bas de la Ve République, il est de retour. Discrètement, méthodiquement, François Hollande recoud ses réseaux, publie un livre, structure une association de financement et multiplie les rencontres. L’objectif, que personne dans son entourage ne formule encore à voix haute, semble pourtant lisible : se positionner comme le recours incontournable de la gauche social-démocrate pour 2027.

La mécanique est habile. Pendant que Raphaël Glucksmann accumule les turbulences et peine à transformer sa popularité européenne en véritable machine présidentielle, l’ancien chef de l’État laisse faire. Aucune attaque frontale, aucune déclaration fracassante. Juste une présence qui s’installe, un espace qui se libère naturellement.

C’est là que la stratégie devient fascinante et, pour ses adversaires internes, redoutable. Hollande n’a pas besoin de gagner des batailles : il lui suffit que les autres en perdent.

« Il laisse Raphaël Glucksmann se crasher. »

Cette formule, attribuée à un proche selon Franceinfo, résume une philosophie politique rodée. L’homme qui a longtemps été surnommé « Monsieur Petites Phrases » n’a pas changé de nature, il a juste affiné sa patience. Mais la question centrale reste entière : la gauche française veut-elle vraiment rejouer un film dont elle connaît la fin ? Le bilan présidentiel de Hollande, la loi El Khomri, la déchéance de nationalité, le quinquennat qui s’est achevé sans candidature à sa propre succession, tout cela n’a pas disparu des mémoires militantes.

Le pari est donc double. Convaincre que le contexte a changé, et que lui aussi. Deux arguments qui restent, pour l’heure, entièrement à démontrer.


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