Avant même le coup de sifflet, la guerre se joue déjà sur les écrans. À quelques semaines du quart de finale France contre Maroc prévu pour le 9 juillet 2026 à la Coupe du Monde, deux visuels circulent massivement sur les réseaux : l’un appelle la diaspora marocaine en France à rester chez elle, l’autre prétend que des Franco-Algériens auraient acheté des maillots marocains pour se déguiser et agresser des Français comme des Marocains. La mécanique est rodée, le poison distillé avec soin.
Ce type de contenu n’est pas nouveau, mais son emballage graphique a considérablement évolué. Triangles d’alerte, drapeaux, icônes de protection familiale, appels à la vigilance : tout est conçu pour imiter les communications officielles et court-circuiter l’esprit critique. Le premier visuel, paradoxalement, semble bienveillant en invitant au calme. Le second, lui, désigne nommément une communauté entière comme menace potentielle.
« Vérifiez avant de partager » : l’injonction figure sur l’image elle-même, preuve cynique que ses créateurs savent exactement ce qu’ils fabriquent.
On notera que le second visuel utilise Telegram comme canal de diffusion, plateforme réputée pour sa faible modération. La stratégie est classique : créer une psychose intercommunautaire avant un événement fédérateur, transformer une fête sportive en terrain de méfiance généralisée. Les vraies victimes ne sont pas dans les stades, elles sont devant leurs fils d’actualité.
Le football a cette capacité rare de rassembler des millions de personnes autour d’une même émotion. Des acteurs anonymes, visiblement, ne le supportent pas. La question qui reste ouverte est de savoir si les plateformes, les autorités et les communautés elles-mêmes sauront désamorcer ces bombes à retardement numériques avant que le match ne commence.
En savoir plus sur Glorieux Geek
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

