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Toy Story 5 : Pixar joue sa survie sur un film que personne n’avait demandé

Il y a des suites qui s’imposent comme une évidence, et d’autres qui ressemblent davantage à un acte de foi commercial. Toy Story 5 appartient clairement à la seconde catégorie. Le film débarque dans les salles françaises ce mercredi 17 juin 2026, soit sept ans après un quatrième volet qui avait pourtant bouclé l’arc narratif de Woody de façon magistrale. Alors pourquoi revenir ?

La réponse honnête, tout le monde la connaît : Disney et Pixar traversent une période de turbulences financières et créatives, et les franchises établies font office de bouée de sauvetage. Toy Story est l’une des marques les plus bankable de l’histoire de l’animation. Difficile, dans ce contexte, de résister à l’appel du tiroir-caisse. Mais ce calcul purement stratégique pose une question que les studios préfèrent éviter : peut-on faire une bonne suite quand le précédent film constituait une conclusion parfaite ?

Toy Story 4 avait pris un risque narratif réel. Woody abandonnait ses amis, renonçait à son identité de jouet attaché à un enfant pour choisir sa propre liberté aux côtés de Bo Peep. C’était beau, mélancolique, inattendu. Un arc complet, une fin digne. Revenir sur ce choix, ou simplement ajouter un nouveau chapitre, risque d’en diluer la portée émotionnelle, comme on gribouille en marge d’un tableau achevé.

« Toy Story nous a appris que les jouets ont une âme. Le problème, c’est que les studios, eux, ont surtout un bilan comptable. »

Le bruit court que ce cinquième opus optera pour un angle générationnel, jouant sur la transmission et le temps qui passe, avec Buzz et Woody confrontés à un monde de jouets radicalement transformé. Si Pixar parvient à ancrer le film dans une vraie nécessité narrative plutôt que dans une simple nostalgie réchauffée, il y a matière à quelque chose d’émouvant. Le studio a prouvé par le passé qu’il pouvait surprendre là où on l’attendait le moins.

Mais le contexte n’est plus le même. Les déboires récents de Pixar au box-office, plusieurs films sortis directement sur Disney+ sans passage en salles, ont fragilisé l’image d’un studio jadis infaillible. Toy Story 5 arrive donc chargé d’une pression immense : il doit réconcilier le grand public avec la salle obscure, rassurer les investisseurs, et en même temps émouvoir sincèrement. C’est beaucoup demander à Woody et Buzz.

On peut imaginer deux scénarios. Premier cas : Pixar a vraiment quelque chose à dire, une histoire qui justifie l’existence du film au-delà de la rentabilité, et Toy Story 5 devient un événement cinématographique. Second cas : le film est bien fait, techniquement irréprochable, mais il ressemble surtout à une extension de parc d’attractions, confortable et sans aspérités. La différence entre les deux tiendra à un seul critère : est-ce que quelqu’un, dans la salle de développement, a posé la question « pourquoi cette histoire doit-elle exister ? » avant de cocher la case « suite rentable » ?

Réponse dès mercredi.


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