Le gouvernement français a notifié ce lundi 14 septembre 2026 à la Commission européenne un nouveau texte législatif visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Emmanuel Macron a confirmé personnellement cette démarche sur le réseau X, précisant qu’elle intervient un mois après la censure d’une première version par le Conseil constitutionnel. L’objectif reste inchangé : contraindre légalement les plateformes à bloquer l’accès des plus jeunes, et cette fois dans le cadre d’un texte conforme au droit européen.
Un premier texte retoqué, une deuxième tentative encadrée
Pour comprendre pourquoi la France passe par Bruxelles avant même un vote au Parlement, il faut revenir en arrière. Une première loi sur le sujet avait été adoptée mais censurée par le Conseil constitutionnel, qui avait pointé des problèmes de conformité juridique. Plutôt que d’improviser un correctif à la hâte, l’exécutif a choisi une voie plus longue mais plus solide : soumettre d’abord le projet à la Commission européenne pour s’assurer qu’il ne heurte ni le droit européen du numérique ni les règles du marché intérieur.
Cette étape de notification est techniquement obligatoire pour tout texte qui pourrait affecter la libre prestation de services numériques dans l’Union. En pratique, elle donne à Bruxelles un droit de regard avant que le texte ne soit définitivement ficelé. C’est une contrainte, certes, mais aussi une protection contre un nouveau recours constitutionnel ou européen.
Macron campe sur ses positions malgré les obstacles
Le président de la République n’a pas caché sa détermination dans son message publié ce lundi matin :
« Depuis le premier jour, j’ai pris un engagement : protéger nos enfants en ligne. Nous irons au bout. »
Le ton est celui d’une priorité politique assumée, pas d’un dossier traité mollement entre deux urgences budgétaires. Avec plus de 13 millions de mineurs en France, dont une large part connectée quotidiennement à TikTok, Instagram ou Snapchat, l’enjeu de santé publique est réel et documenté : études sur l’anxiété, le sommeil perturbé, les dynamiques de harcèlement amplifié par les algorithmes. La demande sociale existe, et les enquêtes d’opinion montrent régulièrement une majorité de parents favorables à ce type de restriction.
Une mesure séduisante mais techniquement complexe
Le principe reste néanmoins plus simple à proclamer qu’à appliquer. Comment vérifier l’âge d’un utilisateur sans créer un fichier d’identité numérique que d’autres critiquent au nom de la vie privée ? Les plateformes elles-mêmes, pour la plupart américaines, appliquent déjà formellement une limite à 13 ans sans que cela n’empêche grand-chose en pratique : un enfant de 11 ans peut mentir sur sa date de naissance en dix secondes. Le vrai défi n’est donc pas législatif mais technique et opérationnel : qui vérifie, comment, et à quel coût pour la vie privée des utilisateurs légitimes ?
Plusieurs solutions circulent dans les débats européens : vérification par carte bancaire parentale, recours à un tiers de confiance certifié, ou encore système d’attestation via France Identité. Aucune n’est parfaite. La première exclut les familles sans compte bancaire adapté, la deuxième crée un nouvel intermédiaire dont les données pourraient être convoitées, la troisième suppose une adoption massive d’un outil encore confidentiel.
Un contexte européen favorable mais pas acquis
À retenir
- Nouveau texte soumis à Bruxelles : le gouvernement notifie à la Commission européenne une version révisée de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
- Précédent censuré : une première loi avait été retoquée par le Conseil constitutionnel, forçant l’exécutif à repartir de zéro sur le plan juridique.
- Étape européenne cruciale : la notification à Bruxelles est obligatoire pour garantir la conformité du futur texte au droit de l’Union avant tout vote au Parlement.
En attendant, le texte doit parcourir encore plusieurs étapes : retour de Bruxelles, passage au Parlement, probablement un nouveau débat constitutionnel. L’automne 2026 sera décisif pour savoir si cette mesure reste une intention politique ou devient une réalité concrète pour les familles françaises.
Ce qu’il faut retenir
- Le gouvernement français a soumis le 14 septembre 2026 un nouveau texte à la Commission européenne pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, après la censure d’une première loi par le Conseil constitutionnel.
- La notification à Bruxelles est une étape préalable obligatoire pour garantir la conformité au droit européen avant tout nouveau vote au Parlement français.
- Le principal défi reste technique : aucun mécanisme de vérification d’âge n’est encore jugé à la fois fiable, universel et respectueux de la vie privée.
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