Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur des soupçons d’ingérence russe visant deux candidats déclarés à la présidentielle de 2027 : Édouard Philippe et Gabriel Attal. Cette information, révélée le 18 août 2026, fait suite à une première saisine similaire concernant Raphaël Glucksmann, annoncée début août. En moins de trois semaines, trois figures majeures de l’élection à venir se retrouvent donc sous la protection d’une enquête judiciaire pour les mêmes faits. Ce n’est pas un hasard, c’est une méthode.
À retenir
- Trois cibles en trois semaines : Glucksmann début août, Philippe et Attal le 18 août, tous visés par des opérations suspectes d’ingérence russe présumée.
- Parquet de Paris saisi : les enquêtes portent sur des faits qualifiés d’ingérence étrangère, infraction créée en droit français en 2024.
- Contexte électoral tendu : la présidentielle de 2027 approche et les candidats les plus visibles dans les sondages semblent constituer les cibles prioritaires.
Trois candidats ciblés, un seul commanditaire présumé
Le point commun entre Glucksmann, Philippe et Attal ne tient pas à leur appartenance politique : le premier est socialiste, le deuxième dirige Horizons, le troisième vient du camp macroniste. Ce que ces trois hommes partagent, c’est une visibilité électorale réelle à dix-huit mois du scrutin. La Russie, si les soupçons sont confirmés, ne cible pas une tendance politique française : elle cible la compétition elle-même, cherchant à fragiliser ceux qui pèsent dans les sondages. Le but n’est pas d’élire un candidat précis mais de semer le doute, de déstabiliser, de polluer le débat public avant même que la campagne officielle ne commence.
La loi française sur l’ingérence étrangère, adoptée en 2024, donne désormais au parquet un levier pénal pour traiter ces affaires. Son activation répétée en quelques jours signale que les services compétents ont transmis des éléments concrets, pas de simples suppositions. On est au-delà de la paranoïa ambiante : il y a des faits qui justifient une enquête judiciaire formelle.
Le précédent Glucksmann et ce qu’il révèle sur la stratégie adverse
Lorsque le cas Glucksmann a été rendu public début août, certains commentateurs ont voulu y lire une opération ciblant spécifiquement la gauche pro-ukrainienne, explicitement hostile à Moscou depuis le début de la guerre. L’extension immédiate à Philippe et Attal, qui ne partagent pas le même profil géopolitique, invalide cette lecture. La logique n’est pas idéologique, elle est perturbatrice. On ne cherche pas à éliminer un adversaire de Poutine, on cherche à créer un climat d’instabilité autour de la prochaine élection française.
Le parquet de Paris s’était déjà saisi de faits similaires visant Raphaël Glucksmann début août. En moins de trois semaines, trois candidats majeurs sont concernés par la même qualification pénale.
Cette logique est documentée depuis l’élection américaine de 2016, répétée en 2017 lors de la présidentielle française avec les MacronLeaks, perfectionnée depuis. La nouveauté, c’est la rapidité de l’escalade et la diversité des cibles choisies cette fois-ci. Si la Russie ciblait autrefois surtout les candidats perçus comme atlantistes ou farouchement anti-Kremlin, elle semble désormais ratisser plus large, ce qui rend la défense collective plus difficile à organiser.
La réponse judiciaire : nécessaire mais insuffisante
Le réflexe institutionnel français consiste à saisir le parquet, à ouvrir une enquête et à attendre. C’est la procédure normale, et elle est utile : elle protège juridiquement les victimes présumées, elle documente les faits, elle peut déboucher sur des poursuites. Mais une enquête judiciaire française ne désactive pas un serveur de désinformation localisé à l’étranger. Elle ne supprime pas les faux contenus qui circulent déjà. Elle n’empêche pas la prochaine opération.
Ce que les trois affaires réunies en trois semaines imposent au débat public, c’est une question plus large que les gouvernements français successifs ont repoussée par confort : la France dispose-t-elle d’une doctrine de riposte active face à l’ingérence numérique étrangère ? La réponse honnête est non. On détecte mieux, on nomme plus vite, on judiciarise davantage. Mais en matière de contre-ingérence offensive, de capacité à rendre les opérations adverses coûteuses pour leurs auteurs, le vide reste béant.
Ouvrir trois enquêtes en trois semaines, c’est bien. Construire un dispositif qui rende la quatrième impossible, c’est ce que ni Macron, ni ses prédécesseurs, ni aucun des candidats ciblés n’ont encore proposé de façon concrète. La présidentielle de 2027 se joue aussi sur ce terrain, et personne dans la classe politique française ne semble pressé d’en débattre sérieusement avant qu’il soit trop tard.
En savoir plus sur Glorieux Geek
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

