Technologie

Katzenberg veut réconcilier Hollywood et l’IA générative

Jeffrey Katzenberg n’est pas n’importe quel nom dans l’industrie du divertissement. L’homme qui a ressuscité Disney dans les années 1980, cofondé DreamWorks et produit des classiques comme Le Roi Lion ou Shrek, vient de prendre la parole sur un sujet qui divise profondément le monde créatif : l’intelligence artificielle générative dans le cinéma et l’animation. Dans un long essai publié le 23 septembre 2026 sur le réseau X, Katzenberg appelle Hollywood à cesser la guerre froide avec la Silicon Valley et à négocier les conditions d’une cohabitation.

La thèse de Katzenberg repose sur une double exigence : Hollywood doit accepter l’IA générative comme outil incontournable, mais la Silicon Valley doit reconnaître qu’elle ne peut pas se passer des créateurs humains. Ce n’est pas un appel à la capitulation d’un camp devant l’autre, c’est un plaidoyer pour une négociation adulte et urgente. Le vétéran du secteur estime que la résistance frontale des syndicats et des studios ne fera que retarder une transformation déjà en marche, tout en affaiblissant la position des créateurs dans les discussions sur la rémunération et les droits.

« Hollywood a besoin de la Silicon Valley pour distribuer, financer et innover. La Silicon Valley a besoin d’Hollywood pour créer des histoires qui touchent les gens. Sans les deux, il n’y a rien. », Jeffrey Katzenberg, essai publié sur X, 23 septembre 2026.

Ce qui rend la prise de position notable, c’est le contexte dans lequel elle arrive. Depuis les grandes grèves des scénaristes et comédiens américains de 2023, le débat sur l’IA dans la création audiovisuelle est resté un champ de bataille idéologique, avec peu de solutions concrètes sur la table. Katzenberg, fort d’une légitimité des deux côtés, tente de jouer le rôle de médiateur qu’aucune institution n’a réussi à incarner jusqu’ici.

L’accélération des modèles génératifs capables de produire des images, des voix et même des scènes animées de qualité professionnelle a changé la donne en quelques mois. Des studios de taille intermédiaire ont déjà intégré ces outils dans leurs pipelines de production, notamment pour les décors, les effets secondaires ou le doublage en plusieurs langues. Ce n’est plus une hypothèse prospective : c’est une réalité opérationnelle que les grands studios ne peuvent plus ignorer sans perdre en compétitivité face à des acteurs plus agiles.

Avant

Négociations bloquées depuis les grèves de 2023, IA considérée comme une menace absolue par les syndicats, aucun cadre légal sur la rémunération des créateurs.

Après

Des studios intègrent déjà l’IA dans leurs productions, des voix influentes comme Katzenberg poussent à une négociation encadrée plutôt qu’à un rejet total.

Le vrai enjeu n’est pas de savoir si l’IA va « détruire » Hollywood : la question est tranchée depuis longtemps dans les faits, elle ne le détruira pas, elle le transformera. La vraie bataille porte sur qui contrôle les conditions de cette transformation et qui en tire les bénéfices économiques. Les créateurs qui n’auront pas leur mot à dire sur ces règles du jeu risquent de se retrouver face à des contrats déséquilibrés, voire à des clauses permettant aux studios d’exploiter leurs voix ou leurs visages via des modèles entraînés à partir de leurs propres prestations.

Katzenberg ne rentre pas dans le détail technique de toutes les revendications, mais l’essai pointe des zones de tension bien identifiées par les professionnels du secteur :

Ces questions ne sont pas nouvelles, mais elles n’ont pas encore trouvé de réponse institutionnelle satisfaisante aux États-Unis ni en Europe. La France, avec son cadre juridique sur le droit d’auteur parmi les plus protecteurs au monde, sera un terrain de test intéressant pour voir si la voie européenne peut offrir un modèle exportable.

Il serait naïf de lire cet essai sans noter que Katzenberg est aussi un investisseur dans plusieurs entreprises technologiques, dont des sociétés liées à l’IA. Son appel à la négociation plutôt qu’à la résistance peut donc être lu comme un positionnement stratégique autant que comme une conviction sincère. Cela ne rend pas sa thèse invalide, mais invite à lire entre les lignes : quand il demande aux créateurs de « s’asseoir à la table », la question légitime est de savoir si cette table existe vraiment ou si elle est encore en train d’être montée unilatéralement par les grandes plateformes.

À retenir

Ce qui est certain, c’est que le temps du débat purement philosophique est terminé.


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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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