Un penalty, une défaite 2-0, et c’est toute une génération qui raccroche. Riyad Mahrez a annoncé ce jeudi sa retraite internationale après l’élimination de l’Algérie face à la Suisse au tour des 32 en Coupe du Monde 2026, mettant un point final à une histoire d’amour tumultueuse avec les Fennecs qui aura duré plus d’une décennie.
Le timing est brutal, mais il y a quelque chose de presque logique dans cette sortie. Mahrez n’a pas attendu d’être poussé vers la sortie. À 35 ans, après avoir porté ce brassard de capitaine comme un fardeau autant que comme une fierté, il a choisi de partir lui-même, sur ses propres termes. Difficile de ne pas respecter ça, même si la manière laisse un goût amer aux supporters algériens qui espéraient mieux de ce Mondial nord-américain.
Car l’Algérie avait les moyens de faire mieux. Sur le papier, cette génération n’était pas sans talent. Mais entre les déceptions accumulées depuis la CAN 2019, les qualifications cahotiques et une organisation collective qui n’a jamais vraiment trouvé son rythme, le groupe est sorti par la petite porte. La Suisse, rigoureuse et bien en place, n’a eu qu’à capitaliser sur les erreurs adverses. Un scénario tristement familier.
« C’était un honneur immense de représenter mon pays. Mais le moment est venu de laisser la place à la nouvelle génération. »
Ce que Mahrez laisse derrière lui, c’est paradoxalement plus grand que ses statistiques. Il reste le joueur algérien le plus accompli de sa génération sur la scène européenne, champion d’Angleterre avec Leicester puis Manchester City, vainqueur de la CAN 2019 avec les Fennecs. Mais aussi un joueur dont le niveau d’implication avec la sélection a souvent été questionné, parfois à juste titre, parfois de façon injuste.
La vraie question qui se pose maintenant n’est pas tant de pleurer Mahrez que d’anticiper ce qui vient. L’Algérie doit tourner une page et, pour une fois, elle n’a pas le choix de le faire. Ce Mondial 2026 aura au moins eu cette vertu : forcer une reconstruction que tout le monde appelait de ses vœux depuis des années sans vraiment oser y toucher. Le sélectionneur et la fédération ne pourront plus se cacher derrière l’aura d’une star pour justifier une construction collective défaillante.
Des joueurs comme Youcef Atal, quand il est en forme et épargné par les blessures, ou les talents qui émergent dans les clubs européens, devront désormais assumer. Sans filet. C’est là que les nations se forgent vraiment, dans les moments où les figures tutélaires ne sont plus là pour sauver les meubles d’un coup de génie. La page Mahrez est tournée. Le prochain chapitre, lui, reste entièrement à écrire.
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