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Le Joker de Leto : quand l’improvisation devient un problème pour tout le monde

Il y a des performances qui marquent l’histoire du cinéma pour les bonnes raisons. Et puis il y a celles dont on parle encore des années après, non pas parce qu’elles ont transcendé le personnage, mais parce qu’elles ont mis tout le monde mal à l’aise sur le plateau. Jared Leto en Joker, dans le premier Suicide Squad de 2016, appartient clairement à cette deuxième catégorie.

Dix ans après les faits, un acteur du film vient de lever un coin du voile sur ce qui se passait vraiment en coulisses, et le tableau n’est pas particulièrement flatteur. Sans nommer précisément la scène incriminée, il évoque une improvisation de Leto qui l’a personnellement mis dans l’embarras, la qualifiant de «pas très élégante». Une formule diplomatique qui en dit long sur ce que le comédien pense réellement de la prestation de son ancien partenaire.

Ce témoignage ne surgit pas du néant. Il s’t inscrit dans une conversation que les fans de DC n’ont jamais vraiment clôturée : la question du Joker de Leto est l’une des plus polarisantes de l’histoire récente des adaptations de comics. Et pour cause : l’acteur avait adopté une méthode de préparation extrême, restant dans le personnage en permanence et envoyant à ses collègues des «cadeaux» pour le moins perturbants (rats morts, préservatifs usagés selon les récits de l’époque). Une approche que beaucoup avaient jugée davantage perturbatrice que géniale.

«Ce n’était pas très élégant.»

Le problème avec le Joker de Leto, au fond, n’est pas tant l’acteur lui-même que la somme de mauvais choix qui ont entouré sa création. Un personnage rendu secondaire dans son propre film, une direction artistique qui misait sur une esthétique «gangster tatoué» déconnectée du matériau source, et cette fameuse méthode de jeu qui a visiblement crispé une partie de l’équipe sans produire à l’écran le résultat escompté. Le public avait tranché dès 2016 : si Suicide Squad avait réalisé un démarrage commercial honnête, la réception critique avait été sèche, et le Joker de Leto en particulier avait été identifié comme l’un des points les plus faibles du film.

Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est que ce témoignage tardif arrive dans un contexte où DC a opéré une refonte complète de son univers, et où le Joker lui-même a été redéfini par Joaquin Phoenix d’une façon que peu contestent. La comparaison est cruelle mais inévitable : quand un choix créatif génère autant de malaise en interne et autant de déception en externe, il est difficile de plaider en sa faveur.

Reste une question qui n’aura probablement jamais de réponse définitive : Leto aurait-il pu livrer quelque chose de mémorable avec un meilleur encadrement, un scénario plus solide et une place réelle dans le récit ? Ou était-ce une erreur de casting fondamentale que même les meilleures conditions n’auraient pas pu corriger ? Les avis divergent, et c’est précisément ce qui maintient ce débat en vie bien après que DC ait tourné la page.


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