Un doublé face au Canada, 3-0, et soudain tous les regards se tournent vers Marseille avec une question gênante : comment a-t-on pu laisser filer ça ?
Azzedine Ounahi, 26 ans, milieu de terrain des Lions de l’Atlas désormais sous les couleurs de Gérone, est en train de vivre sa Coupe du Monde 2026 comme une renaissance publique. Deux buts contre le Canada, une présence physique et technique qui saute aux yeux, un rôle de pièce maîtresse dans le dispositif marocain : le joueur que l’OM n’a jamais réussi à faire éclore entre 2023 et 2025 s’épanouit enfin, et pas n’importe où, sur la plus grande scène du football mondial.
La question des regrets est légitime, mais elle mérite d’être posée avec nuance. L’OM n’a pas bradé un talent évident que tout le monde voyait : Ounahi a passé deux saisons en demi-teinte sur la Canebière, incapable de s’imposer durablement dans un effectif pourtant loin d’être luxueux. Les entraîneurs qui se sont succédé n’ont pas trouvé la clé, ou lui n’a pas trouvé la serrure. C’est souvent ainsi que ça fonctionne dans le football : un joueur et un club qui ne se parlent pas vraiment, avant qu’un autre contexte révèle ce que le précédent avait étouffé.
« Certains joueurs ont besoin d’un environnement précis pour exprimer leur plein potentiel. Gérone lui a offert la confiance que Marseille n’a pas réussi à construire. »
Ce qui interpelle davantage, c’est le timing. La Coupe du Monde 2026 est en train de transformer le mercato en temps réel. Chaque match de phase de poules ou de tableau final devient une vitrine mondiale, et les clubs qui ont laissé partir des joueurs de ce calibre se retrouvent dans la position inconfortable du spectateur. L’OM regarde Ounahi planter des buts au Canada depuis les tribunes de cette compétition, pendant que Gérone encaisse probablement des appels de clubs bien plus huppés.
Car c’est là le vrai enjeu désormais : après cette Coupe du Monde, Ounahi ne reviendra pas au niveau où il était estimé il y a dix-huit mois. Un milieu de 26 ans, auteur d’un doublé dans une phase finale mondiale avec le Maroc, ça se négocie différemment. Les Lions de l’Atlas avancent dans le tableau, et chaque match supplémentaire est une nouvelle ligne dans un CV qui s’emballe.
Pour Marseille, la leçon est structurelle plus qu’anecdotique. Laisser partir un joueur parce qu’il n’a pas performé chez vous est une décision défendable. Ne pas avoir créé les conditions de cette performance est une autre question, plus difficile à esquiver quand l’intéressé éclate au Mondial sous les yeux de la planète entière.
Le Maroc a peut-être trouvé son arme secrète pour aller loin dans cette compétition. L’OM, lui, a surtout trouvé un nouveau sujet de débat pour l’été.
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