Quatre-vingt-neuf pour cent. Ce chiffre, sorti de l’enquête annuelle du World Gold Council publiée le 16 juin, résume mieux qu’un long discours l’état d’esprit des banquiers centraux de la planète : en 2025-2026, on achète de l’or, massivement, et on prévoit de continuer.
Ce mouvement n’est pas anodin. Il traduit une défiance structurelle envers les actifs traditionnels, notamment les obligations souveraines libellées en dollars, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques persistantes, les guerres commerciales et l’instabilité des marchés de change. Quand les institutions monétaires, qui sont précisément celles qui émettent la monnaie fiduciaire, se ruent vers le métal jaune, c’est un signal qu’on ne peut pas balayer d’un revers de main.
La question centrale est celle-ci : à quoi ressemblerait un système monétaire international où la confiance dans les devises papier s’érode durablement ? Pas si abstraite, cette interrogation. Les achats d’or des banques centrales ont atteint des niveaux records ces deux dernières années, portés notamment par des pays comme la Chine, la Pologne ou l’Inde, désireux de diversifier leurs réserves loin du dollar.
« L’or n’a pas de contrepartie défaillante. Dans un monde d’incertitude croissante, c’est sa plus grande qualité. »
Ce retour en grâce du métal précieux interroge aussi les investisseurs privés. Si les banques centrales, avec leurs modèles économétriques sophistiqués, choisissent de réduire leur exposition aux devises au profit de l’or, c’est que le rapport risque-rendement de l’environnement actuel leur semble profondément dégradé. L’instabilité internationale n’est pas un argument de vendeur de pièces en or : c’est désormais la conviction de 89 % des institutions monétaires mondiales. Et cette convergence-là mérite qu’on s’y arrête sérieusement.
En savoir plus sur Glorieux Geek
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
