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Ils promettent de nous briser le cœur encore une fois, et on va dire oui

Il y a des annonces qui arrivent comme une gifle douce, celles qu’on attendait sans vraiment oser y croire. Et puis il y a celles qui s’accompagnent d’un avertissement explicite, presque une menace affectueuse : préparez vos mouchoirs. C’est exactement ce que vient de lâcher Bartosz Sztybor, showrunner de la saison 2 de Cyberpunk: Edgerunners, et franchement, après ce que la première saison nous a infligé émotionnellement, cette déclaration n’est pas rassurante du tout.

Rappelons le contexte pour ceux qui auraient miraculeusement survécu à 2022 sans croiser cette série. Edgerunners avait débarqué sur Netflix comme un uppercut : dix épisodes, un univers visuel épileptique signé Trigger, une trajectoire narrative qui broie ses personnages avec une cruauté presque tendre. La saison s’était terminée dans un bain de larmes collectif, relançant au passage les ventes de Cyberpunk 2077 de manière spectaculaire. Un phénomène culturel pur, pas construit, pas calculé, juste brutal et magnifique.

Puis vint le silence. Pendant presque trois ans, l’hypothèse d’une suite semblait morte dans l’œuf, contredite par les déclarations mêmes des créateurs qui présentaient la saison 1 comme une œuvre fermée, complète, sans suite possible. C’était même sa force narrative. Et pourtant, en juillet 2025, la confirmation tombe : une saison 2 est en production. Histoire indépendante, nouveaux personnages, Night City toujours au centre, mais une ardoise narrative vierge.

« Si vous avez pleuré devant la saison 1, alors vous allez encore pleurer, c’est sûr. Préparez vos paquets de mouchoirs. »

Cette phrase de Sztybor, aussi courte soit-elle, dit tout sur l’ambition de la saison 2. Plus tragique, plus sombre, plus violente que la première : voilà la promesse officielle. Et c’est là que mon avis devient tranché. Cette déclaration est à double tranchant. D’un côté, elle témoigne d’une vraie cohérence créative : Edgerunners ne cherche pas à adoucir sa proposition pour élargir son audience, il assume pleinement le registre nihiliste et poétique qui l’a rendu culte. De l’autre, la surenchère émotionnelle est un piège classique dans lequel trop de suites tombent, confondant intensité et manipulation lacrymal.

Le rendez-vous du 3 juillet 2026 à l’Anime Expo, avec le réalisateur Kai Ikarashi aux manettes cette fois, devrait lever une partie du voile. Un premier aperçu, des images, peut-être une date de sortie. Ce changement de réalisateur par rapport à Hiroyuki Imaishi est un signal fort que la saison 2 ne cherche pas à reproduire à l’identique la formule originale, mais à explorer un nouveau registre visuel dans le même univers. C’est risqué et courageux à la fois.

Le vrai danger serait de transformer la tragédie en spectacle convenu, de pleurer sur commande plutôt que de pleurer par nécessité narrative. La force d’Edgerunners saison 1 tenait précisément à son absence de calcul apparent. La question qui brûle désormais, et à laquelle seul le 3 juillet pourra commencer à répondre : est-ce que Trigger et CD Projekt ont trouvé une nouvelle histoire qui mérite vraiment d’être racontée, ou sont-ils simplement revenus parce que le succès commercial le réclamait ? Night City n’a jamais été tendre avec ceux qui y reviennent sans raison valable.


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