Il y a des franchises qui refusent obstinément de mourir, et ce n’est pas une métaphore anodine quand on parle de Baki. La saga créée par Keisuke Itagaki carbure depuis des décennies à une philosophie simple et brutale : trouver l’adversaire le plus terrifiant possible, le mettre en face de combattants déjà surhumains, et laisser la physique (réinventée) faire le reste. Mais avec Baki-Dou, Netflix et le studio d’animation ont franchi un cap conceptuel que même les fans les plus endurcis n’avaient peut-être pas anticipé.
La partie 2 de Baki-Dou débarque le 18 juin sur Netflix, et l’affiche officielle dit déjà tout sans rien dévoiler. Baki, muscles saillants et regard de prédateur, domine une composition dorée qui fleure bon la démesure assumée. En arrière-plan, un festin baroque évoque cette obsession récurrente de la série pour la nourriture comme carburant de la puissance. Mais c’est le sous-titre qui mérite toute l’attention : « L’Invincible Samouraï ». Trois mots qui résument une menace d’une nature radicalement différente de tout ce que Baki a affronté jusqu’ici.
Car l’enjeu central de cette nouvelle partie, c’est Miyamoto Musashi en personne. Pas une inspiration, pas un hommage fictif : le dueliste légendaire du XVIIe siècle, auteur du célèbre « Traité des cinq roues », ressuscité grâce à un clonage à partir de restes corporels. La science-fiction s’invite dans une franchise qui fonctionnait jusqu’ici sur la démesure physiologique pure, et c’est un pari narratif aussi audacieux que risqué. On n’est plus dans l’hyperbolique sportif, on bascule vers quelque chose de presque mythologique.
« En utilisant la science et la technologie de pointe, l’expérience vise à créer un clone à partir du cadavre. Le puissant samouraï a mérité chacun de ses titres. »
C’est précisément là que je prends position : ce choix scénaristique est génial sur le papier et potentiellement catastrophique à l’exécution. Ressusciter Musashi, c’est introduire une figure historique réelle dans un univers d’excès où Yujiro Hanma peut stopper des tremblements de terre avec son poing. Le risque de trivialiser une icône culturelle japonaise est réel, et les puristes auront de quoi s’énerver. Pourtant, c’est exactement ce type de provocation narrative qui a toujours distingué Baki des shonens de combat ordinaires.
Netflix a manifestement misé gros sur cette franchise depuis la partie 1 diffusée en février 2025, et la sortie en juin de cette suite rapprochée suggère une confiance totale dans les chiffres d’audience. La plateforme sait que la communauté Baki est hyper-engagée, ce fameux public qui, comme le souligne un commentaire Reddit devenu culte, trouve la série « aussi jouissive à regarder qu’à ne pas regarder » tant elle génère de discussions.
La vraie question que cette partie 2 va devoir répondre : jusqu’où peut-on pousser l’escalade dans une série qui a déjà tout donné ? Quand ton dernier boss est le plus grand samouraï de l’histoire humaine cloné par la technologie moderne, quel être convoque-t-on ensuite ? La réponse à cette question ouvrira peut-être sur quelque chose d’encore plus déraisonnable, et honnêtement, c’est exactement pour ça qu’on reviendra.
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