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BNY, la plus vieille banque américaine, se lance dans le staking crypto via Galaxy Digital

Fondée en 1784 par Alexander Hamilton, BNY (anciennement Bank of New York) vient d’annoncer qu’elle proposera du staking de cryptomonnaies à ses clients institutionnels, en partenariat avec Galaxy Digital. Pour une institution bicentenaire, c’est un virage spectaculaire : la banque dépositaire la plus ancienne des États-Unis va désormais permettre à ses clients de faire fructifier leurs actifs numériques directement depuis leurs comptes, sans avoir à confier leurs tokens à une plateforme crypto tierce.

À retenir

  • BNY x Galaxy Digital : la plus ancienne banque américaine (fondée en 1784) s’associe à Galaxy Digital pour offrir du staking institutionnel.
  • Actifs conservés : les clients génèrent des rendements sans sortir leurs cryptos du cadre bancaire traditionnel, ce qui réduit le risque de contrepartie.
  • Signal fort : cette décision illustre l’accélération de l’adoption institutionnelle des cryptomonnaies aux États-Unis en 2026.

Le mécanisme est simple à comprendre : le staking consiste à immobiliser des cryptomonnaies (essentiellement celles qui fonctionnent sur un protocole de preuve d’enjeu, comme Ethereum) pour participer à la validation des transactions et, en échange, percevoir une rémunération. Jusqu’ici, ce service était surtout accessible via des exchanges comme Coinbase ou des protocoles décentralisés, avec tous les risques que cela implique. BNY introduit ici une promesse inédite pour ses clients : des rendements crypto dans un environnement réglementé, sous le toit d’une banque dépositaire gérant plus de 50 000 milliards de dollars d’actifs sous conservation.

Galaxy Digital comme bras armé technique d’une banque centenaire

Le choix de Galaxy Digital comme partenaire n’est pas anodin. La firme fondée par Mike Novogratz s’est positionnée depuis plusieurs années comme le pont entre la finance traditionnelle et l’écosystème crypto, offrant des services de trading, de gestion d’actifs et d’infrastructure blockchain aux institutionnels. Pour BNY, s’adosser à Galaxy plutôt que de développer la technologie en interne, c’est aller vite et minimiser les risques opérationnels d’une activité qu’elle ne maîtrise pas encore complètement.

Ce partenariat illustre une tendance lourde de 2026 : les grandes banques ne cherchent plus à concurrencer les acteurs natifs de la crypto, elles les absorbent ou s’y associent. La logique est celle d’un partage des rôles : BNY apporte la crédibilité réglementaire, le réseau institutionnel et la relation client ; Galaxy apporte l’expertise technique et l’infrastructure de staking. Le client, lui, ne voit qu’une ligne supplémentaire dans son tableau de bord habituel.

Une banque vieille de deux siècles qui propose du staking, c’est l’équivalent d’un notaire qui se met à rédiger des smart contracts : le symbole d’un secteur qui a définitivement passé le cap de la marginalité.

Ce que ce mouvement révèle sur l’état du marché institutionnel

On aurait tort de réduire cette annonce à un simple coup marketing. Elle s’inscrit dans un contexte plus large : depuis l’approbation des ETF Bitcoin spot aux États-Unis début 2024, les vannes de l’adoption institutionnelle se sont progressivement ouvertes. Les grandes banques dépositaires, qui gèrent les actifs de fonds de pension, de compagnies d’assurance et de fonds souverains, sont désormais sous pression de leurs propres clients pour offrir une exposition aux cryptomonnaies. Refuser de proposer ce service, c’est risquer de perdre des mandats au profit de concurrents plus agiles.

Il faut cependant garder la tête froide. Le staking génère des rendements variables, dépendants de l’état du réseau et du prix de l’actif sous-jacent. Les rendements annoncés sur Ethereum tournent actuellement autour de 3 à 5 % annuels, ce qui est correct mais pas révolutionnaire comparé à d’autres instruments. Surtout, le risque de slashing (pénalité infligée au validateur en cas de mauvais comportement technique) demeure une réalité que les clients institutionnels devront apprendre à comprendre. BNY devra être transparent sur ce point, sous peine de décevoir des clients habitués à la prévisibilité des produits obligataires.

Ce que cette annonce confirme surtout, c’est que le débat « crypto contre finance traditionnelle » appartient au passé. La question n’est plus de savoir si les institutions vont adopter les actifs numériques, mais à quelle vitesse elles vont le faire et quels garde-fous elles imposeront pour protéger leurs clients. BNY, avec la prudence qui caractérise une institution de 242 ans d’existence, choisit la voie du partenariat structuré plutôt que du grand saut dans l’inconnu. C’est probablement la bonne méthode, même si les puristes de la blockchain ricaneront à l’idée de confier leurs ETH à une banque fondée avant la Révolution française.


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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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