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Le retour inattendu qui va faire pleurer les trentenaires nostalgiques

Il y a des annonces qui arrivent comme une madeleine de Proust numérique : tu ne les attendais plus vraiment, et pourtant elles te percutent en plein visage avec une efficacité redoutable. Celle-là, les amateurs d’anime des années 90 la guettaient depuis longtemps, sans trop oser y croire.

Samurai Troopers, ou Yoroi Shin Den dans sa version originale, c’est l’une de ces séries qui ont forgé une génération entière de fans d’animation japonaise en France. Cinq guerriers, des armures légendaires, des combats épiques et une amitié à toute épreuve : le cocktail avait tout pour marquer les esprits à l’époque de sa diffusion. Des décennies plus tard, la franchise refait surface avec une deuxième partie de son anime revival, accompagnée d’un trailer officiel qui a immédiatement déchaîné les réactions sur les réseaux.

Alors, bonne nouvelle ou piège à nostalgie ? La question mérite d’être posée sérieusement, parce que l’industrie de l’anime a développé ces dernières années une véritable industrie du reboot sentimental. Parfois ça marche, souvent ça déçoit. Le premier arc de ce Yoroi Shin Den nouvelle formule a visiblement convaincu suffisamment de monde pour que la production aille au bout de l’aventure avec cette Part 2, ce qui est déjà en soi un signal encourageant.

La nostalgie est un carburant puissant, mais elle ne suffit pas à faire un bon anime : il faut que l’œuvre existe pour elle-même, pas seulement comme un miroir du passé.

C’est précisément là que se joue tout l’enjeu de cette seconde partie. Un trailer, aussi soigné soit-il visuellement, ne dit rien sur la capacité des scénaristes à redonner une vraie substance dramatique à des personnages dont les fans conservent une image idéalisée. La direction artistique semble au rendez-vous à en juger par les images diffusées, mais la mémoire affective des spectateurs est un juge impitoyable : le moindre faux pas sur l’écriture ou la caractérisation des protagonistes sera immédiatement amplifié par la déception de ceux qui espéraient retrouver exactement ce qu’ils avaient aimé enfant.

L’autre risque, paradoxalement inverse, c’est de rester trop collé à l’original et de ne rien proposer à un public neuf. Les revivals qui fonctionnent vraiment, de Bleach: Thousand-Year Blood War à la récente résurrection d’autres franchises dormantes, sont ceux qui trouvent l’équilibre délicat entre fidélité à l’esprit d’origine et ambition narrative propre. Est-ce que cette seconde partie de Yoroi Shin Den aura l’audace de prendre des risques ou se contentera-t-elle d’une exécution sage et sans aspérités ?

Le potentiel est là, indéniablement. La franchise dispose d’un capital sympathie intact, d’un lore suffisamment riche pour nourrir de nouveaux développements, et d’une fenêtre de diffusion à préciser qui lui laisse le temps de peaufiner son positionnement. Ce qui se joue avec cette Part 2, c’est peut-être plus que le destin d’un seul anime : c’est la question de savoir si les années 90 peuvent vraiment revenir, ou si elles ne méritent pas simplement de rester magnifiquement intactes dans nos souvenirs.


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