Le 6 novembre, jour symbolique dans la mythologie de la série (date fictive de la disparition de Will Byers en 1983), Netflix a officialisé la commande d’une nouvelle série en prise de vues réelles intitulée « Les Autres Mondes : Une aventure Stranger Things », prévue pour 2028. L’univers des frères Duffer n’a donc pas dit son dernier mot, et ce n’est pas un simple prolongement : on recule carrément jusqu’en avril 1955, soit près de trente ans avant les événements originaux.
Le cadre change radicalement. Exit Hawkins dans l’Indiana, bonjour Marion dans le Nevada, ville fictive à plus de 2 500 kilomètres des souterrains familiers. Les héros en vélo, les walkie-talkies et les aventures entre lycéens des années 1980 appartiennent à un autre monde. Ici, on parle de l’Amérique de l’après-guerre, de ses banlieues parfaitement ordonnées et de ses non-dits. Le teaser diffusé sur Netflix plante déjà une atmosphère : un vélo abandonné au bord d’une route déserte, une zone interdite, une perturbation dans le ciel, et en fond sonore le titre Sh-Boom des Chords qui bascule lentement dans le malaise. Le message est limpide : même décor rétro idyllique, même glissement vers l’horreur.
Le choix du Nevada en 1955 n’est pas anodin pour les fans attentifs. C’est précisément de cet État que vient Henry Creel, le personnage devenu Vecna, et c’est là qu’il a subi l’accident qui lui a conféré ses pouvoirs avant de rejoindre Hawkins en 1959. La série se déroulerait donc quatre ans avant le départ de Creel pour l’Indiana, dans une zone géographique déjà chargée d’histoire pour l’univers de la franchise. Les frères Duffer ont pourtant insisté, via un communiqué relayé par Variety, sur l’absence de lien narratif direct avec la série originale : « C’est du Stranger Things, mais avec une fraîcheur palpitante, un nouveau décor, de nouveaux héros et méchants, et de nouveaux… En fait, nous n’avons pas le droit d’en dire plus. »
« Cela fait maintenant de nombreuses années que nous rêvons de ce projet, et voir celui-ci devenir réalité est à la fois surréaliste et exaltant. », Matt et Ross Duffer, cocréateurs de la série
L’équipe créative associe aux frères Duffer la scénariste Kate Trefy et le réalisateur Joe Wright, connu notamment pour Orgueil et Préjugés et Hanna. Ce n’est pas un hasard : Wright possède une vraie maîtrise de l’atmosphère rétro et de la tension sous-jacente dans des décors en apparence sereins. Les tournages se dérouleront au Nouveau-Mexique, choix logistique classique pour des productions américaines cherchant des paysages désertiques de l’Ouest sans les coûts du Nevada.
Netflix sait ce qu’il fait en choisissant le Stranger Things Day pour officialiser la commande. La saison 5 s’est achevée le 1er janvier 2026 et a représenté un événement mondial, avec des records de visionnage sur la plateforme. Laisser la franchise dormir constituerait un risque commercial évident. Pourtant, Netflix avait déjà tenté d’élargir l’univers avec Chroniques de 1985, une série animée lancée plus tôt cette année qui n’a pas rencontré le succès escompté, perçue comme trop enfantine par un public habitué aux frissons des incarnations en chair et en os.
Probabilité que la sortie tienne en 2028
60%, La commande est officielle mais aucune distribution ni date précise de tournage n’a encore été annoncée.
La décision de revenir à la prise de vues réelles est donc délibérée et rassurante pour les fans. Ce n’est pas un produit dérivé d’animation conçu pour les enfants, mais bien une série à part entière portée par les créateurs originaux eux-mêmes. Le risque reste le même qu’avec tout préquel ambitieux : combler trente ans d’histoire peut enrichir un univers ou, si l’écriture déçoit, en abîmer rétrospectivement la cohérence. Les frères Duffer en sont conscients, et leur discours prudent sur l’absence de liens narratifs directs avec la série-mère ressemble à une façon de se préserver la liberté d’inventer sans contrainte de continuité.
Pour l’instant, la distribution est un mystère total. Aucun nom n’a été avancé, et il serait illusoire d’attendre le retour des personnages originaux dans un cadre des années 1950, à une époque où la plupart d’entre eux n’étaient pas encore nés. C’est une page blanche, ce qui est à la fois le principal attrait et le principal risque de l’exercice.
À retenir
L’annonce est enthousiasmante sur le papier, mais deux ans d’attente, aucun casting connu et un premier spin-off animé qui a laissé les fans tièdes rappellent que l’enthousiasme du Stranger Things Day ne suffit pas à garantir la qualité de ce qui suivra.
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