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Clayface : le nouveau film DC vaut-il le détour ?

Sept ans après le carton mondial de Joker, DC et Warner Bros tentent de réitérer la formule en offrant à un autre grand méchant de Gotham son film solo. Clayface, réalisé par James Watkins, est sorti en salles cette semaine, et les premiers retours des spectateurs dessinent un bilan contrasté qui mérite qu’on s’y attarde.

6,5/10

Un film de super-vilain ambitieux dans ses intentions, encore inégal dans son exécution, mais qui confirme une chose : DC n’a pas dit son dernier mot sur les origines sombres.

Un pari risqué sur un vilain méconnu du grand public

Clayface n’est pas le Joker. Là où Arthur Fleck bénéficiait d’une reconnaissance planétaire avant même que Joaquin Phoenix ne l’incarne, Clayface reste un personnage familier aux lecteurs de comics mais relativement obscur pour le cinéphile lambda. James Watkins, connu pour ses thrillers tendus, s’attaque donc à un double défi : faire exister un antagoniste de seconde ligne tout en construisant un film de genre qui se tient sans les béquilles d’un univers partagé.

Le choix de confier la réalisation à Watkins n’est pas anodin. Warner Bros mise clairement sur un registre plus ancré, plus sombre, loin des blockbusters à CGI débridés qui ont fatigué une partie du public ces dernières années. C’est exactement la leçon que les studios auraient dû tirer de l’ère Snyder puis de la débâcle du DCEU : le spectateur récompense la cohérence tonale, pas l’accumulation de spectacle.

Ce qui convainc

  • Un traitement sombre et ancré, loin du super-héros CGI standard
  • La direction artistique, qui exploite le potentiel visuel du personnage
  • Une tentative sincère de construire une psychologie de vilain crédible

Ce qui interroge

  • Un personnage trop peu connu pour porter seul un film à grand spectacle
  • Des premiers retours spectateurs qui pointent une narration inégale
  • L’ombre écrasante du Joker de Todd Phillips, difficile à ne pas convoquer

La comparaison avec Joker, inévitable et pas toujours flatteuse

Difficile de ne pas placer ce film en regard de Joker (2019), qui avait raflé la Palme d’or à Venise et dépasse le milliard de dollars au box-office mondial. Ce précédent est à la fois une opportunité et un fardeau pour Clayface. D’un côté, il prouve qu’un film DC centré sur un seul personnage, sans cape ni sauveur, peut conquérir un public immense. De l’autre, il fixe une barre narrative et artistique que peu de productions de super-vilains ont réussi à approcher depuis.

« Sept ans après Joker, le cinéma de super-vilains cherche encore sa prochaine révélation. »

Les premiers spectateurs saluent globalement l’intention du film, sans lui accorder l’enthousiasme massif qu’avait suscité la performance de Joaquin Phoenix. On note notamment des questions sur le rythme du second acte et sur la façon dont le scénario justifie la transformation du personnage. Ce sont précisément ces fondations narratives qui avaient fait de Joker un phénomène : sans elles, le spectacle reste plaisant mais ne transcende pas.

DC en mode test : ce que ce film révèle de la stratégie Warner

Au-delà du film lui-même, Clayface représente un signal de l’orientation que Warner Bros tente de donner à ses productions DC en dehors des grosses machines d’univers partagé. Produire des films de genre à budget contrôlé autour de personnages inattendus, c’est un pari audacieux qui peut payer si l’écriture est au niveau. Les résultats en salles dans les prochaines semaines diront si le public suit, mais la mécanique est enclenchée.

On peut aussi se demander si, derrière ce choix, se cache une stratégie plus large : tester différents registres (horreur, thriller psychologique, drame social) avant de s’engager pleinement dans un nouvel univers cohérent sous la houlette de James Gunn. Rien n’est confirmé sur ce point, mais la logique industrielle pousse clairement dans cette direction.

À retenir

  • Un film solo de vilain : Clayface suit le modèle Joker, sept ans après, avec des ambitions similaires mais une notoriété du personnage bien moindre.
  • Premiers retours mitigés : les spectateurs saluent la direction artistique mais pointent une narration inégale, notamment en second acte.
  • Signal stratégique Warner : le film s’inscrit dans une volonté de tester des productions DC de genre, à budget maîtrisé, hors univers partagé classique.

En résumé, Clayface s’adresse en priorité aux fans de comics DC et aux amateurs de films de genre sombres qui acceptent l’idée d’un blockbuster imparfait mais sincère. En revanche, quiconque espère retrouver la profondeur du Joker de Phillips ou l’efficacité d’un film de super-héros classique risque de rester sur sa faim. Le film mérite le détour, mais ne redéfinit pas les règles du genre.


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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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