Politique

25 ans après le 11-Septembre : bilan humain, héritage djihadiste et divisions américaines

Le 11 septembre 2026, les États-Unis commémorent le vingt-cinquième anniversaire des attentats les plus meurtriers de leur histoire. En moins d’une heure et demie, quatre avions détournés par des membres d’Al-Qaida s’étaient écrasés sur les tours du World Trade Center à New York, sur le Pentagone à Washington et dans un champ de Shanksville en Pennsylvanie, tuant 2 977 personnes en une seule journée. Mais vingt-cinq ans plus tard, le bilan humain réel dépasse largement ce chiffre, le djihadisme a muté sans disparaître, et les cérémonies elles-mêmes reflètent les fractures béantes de la société américaine.

Un bilan humain qui ne cesse de s’alourdir

Ce que peu de gens réalisent pleinement, c’est que le 11 septembre tue encore. Plus de 9 400 personnes sont mortes ces vingt-cinq dernières années de cancers, de maladies pulmonaires et d’autres pathologies directement liées à l’inhalation des poussières toxiques des tours effondrées, selon les données compilées par le World Trade Center Health Program. Ce chiffre surpasse désormais le nombre de victimes directes du 11 septembre 2001, ce qui en fait l’un des bilans sanitaires les plus lourds de l’histoire des attentats terroristes modernes. Les premiers intervenants, pompiers, policiers et secouristes qui ont fouillé les décombres pendant des semaines, paient encore aujourd’hui un tribut médical considérable.

Ce paradoxe tragique dit quelque chose d’essentiel sur la nature de cet événement : ses conséquences ne se lisent pas seulement dans les archives ou les mémoriaux, elles continuent de creuser des tombes chaque année, en silence, loin des caméras.

Al-Qaida affaibli, mais l’hydre djihadiste toujours vivante

Vingt ans de campagnes militaires américaines ont largement décimé l’organisation fondée par Oussama Ben Laden. Al-Qaida ne survit plus aujourd’hui qu’à travers ses filiales au Sahel, notamment au Mali et au Burkina Faso, et en Somalie avec Al-Shabaab. Mais ce recul ne signifie pas la fin du djihadisme : à partir de 2014, l’État islamique a opéré une révolution idéologique en exportant massivement son combat dans les pays ennemis via les réseaux sociaux et le recrutement en ligne. L’idéologie djihadiste est devenue un phénomène de masse décentralisé, capable de radicaliser des individus isolés en Europe, en Amérique du Nord ou en Australie, sans qu’ils aient jamais mis les pieds en zone de guerre.

« Le terrorisme inspiré par Daech ne ressemble plus à une organisation pyramidale : c’est une nébuleuse qui vit dans les esprits, alimentée par une production de contenu incessante sur internet. »

Cette évolution pose un défi structurel aux services de renseignement occidentaux. On ne démantèle pas un réseau qui n’a plus vraiment de quartier général. Le Sahel est aujourd’hui le principal foyer d’expansion territoriale du djihadisme, dans un contexte de retrait des forces françaises et de montée des régimes militaires anti-occidentaux. L’héritage du 11 septembre se lit donc aussi dans cette carte africaine en feu.

Des commémorations révélatrices des fractures américaines

À retenir

  • Bilan dépassé : plus de 9 400 personnes sont mortes depuis 2001 de maladies liées aux poussières et toxiques des attentats, soit davantage que le nombre de victimes du jour J.
  • Djihadisme en mutation : Al-Qaida est décimé mais ses filiales subsistent au Sahel et en Somalie, tandis que l’État islamique a transformé l’idéologie terroriste en phénomène de masse depuis 2014.
  • Commémoration politisée : Donald Trump était absent de la cérémonie à Ground Zero, et d’anciens responsables républicains ont attaqué le maire démocrate de New York lors des commémorations.

Cette scène illustre une dérive inquiétante : la mémoire du 11 septembre, qui avait dans un premier temps soudé le pays, est devenue une arme dans les guerres culturelles américaines. Mamdani, dont la religion n’a évidemment aucun lien avec les auteurs des attentats, se retrouve ciblé au motif de son identité, ce qui constitue précisément le genre d’amalgame que la commémoration devrait combattre. Le souvenir des victimes mérite mieux que d’être instrumentalisé à des fins de polarisation politique.

Ce qu’il faut retenir

  • Le bilan humain des attentats du 11 septembre 2001 dépasse aujourd’hui les 12 000 morts en comptant les victimes de maladies post-attentats, soit bien au-delà des 2 977 tués le jour J.
  • Al-Qaida est affaibli mais le djihadisme prospère sous d’autres formes, notamment via l’État islamique et ses réseaux de radicalisation en ligne, et les filiales sahéliennes.
  • Les commémorations du vingt-cinquième anniversaire ont été marquées par l’absence de Donald Trump à Ground Zero et par des attaques politiques contre le maire démocrate de New York, révélant les profondes divisions de la société américaine.

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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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