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Godzilla Minus Zero écrase un record vieux de 22 ans

Un film japonais en tête du box-office nord-américain un week-end de novembre, c’est suffisamment rare pour mériter qu’on s’y attarde. Godzilla Minus Zero, suite du film oscarisé de Takashi Yamazaki, s’oriente vers un démarrage estimé à 32 millions de dollars sur le seul territoire américain, pulvérisant au passage le record du meilleur démarrage pour un film étranger en langue originale depuis 2004 et le succès de Hero.

Pour bien mesurer l’ampleur de la performance, il faut rappeler les chiffres de son prédécesseur : Godzilla Minus One avait ouvert à 11,4 millions de dollars en 2023, déjà un exploit pour une production Toho en langue japonaise. Le nouveau volet fait pratiquement le triple en un week-end, avec 14,5 millions récoltés dès le vendredi (préventes du jeudi incluses), dans 3 254 salles nord-américaines distribuées conjointement par GKids et Toho. Le public a sanctionné positivement : le film obtient un CinemaScore de grade A, ce qui traduit une satisfaction immédiate des spectateurs en salle et augure généralement bien de la tenue sur la durée.

Pour trouver un équivalent historique, il faut remonter à 2004 et Hero, avec Zhang Yimou, qui avait ouvert à 17,8 millions. Godzilla Minus Zero dépasse donc allègrement cette marque 22 ans plus tard, dans un contexte de marché pourtant bien différent. Seul Demon Slayer : Le Château de l’infini, l’an passé avec 70,6 millions, fait mieux, mais il s’agissait d’un film d’animation et d’une franchise dont l’implantation en Occident est d’une autre nature.

Le film est en passe de réaliser le meilleur démarrage en salle pour un film étranger en prises de vue réelles depuis plus de deux décennies, dépassant nettement les projections initiales du distributeur, fixées dans les 20 à 25 millions de dollars. (The Hollywood Reporter)

La réussite de Godzilla Minus One en 2023 n’était pas un accident : le film avait su mêler drame humain ancré dans le Japon de l’après-guerre et spectacle de monstre viscéral, récoltant l’Oscar du meilleur maquillage et effets visuels avec un budget modeste pour le genre. Cette alchimie avait séduit au-delà des cercles de fans habituels du kaiju. Godzilla Minus Zero bénéficie donc d’un capital confiance rare pour une suite étrangère : un public qui a été surpris positivement et qui revient avec des attentes élevées, ce qui est généralement la combinaison la plus redoutable pour un démarrage explosif.

Il faut aussi souligner le travail de fond de GKids, distributeur spécialisé dans les productions japonaises (c’est notamment lui qui gère le catalogue Studio Ghibli en Amérique du Nord), qui sait mobiliser le bon public au bon moment. 3 254 salles, c’est une distribution large pour un film non anglophone : cela traduit une conviction commerciale réelle, confirmée par les résultats.

Le contraste avec The Cat in the Hat de Warner Bros. est saisissant. Le film, dont la sortie avait été repoussée de plusieurs mois, s’est installé en deuxième position avec environ 6 millions de dollars vendredi, loin derrière le kaiju japonais. Un démarrage qualifié de décevant par les médias spécialisés, d’autant que le film portait avec lui le poids de l’attente d’une licence Dr. Seuss que Hollywood tente périodiquement de remettre au goût du jour sans y parvenir franchement depuis des années.

Cette configuration raconte quelque chose d’intéressant sur l’état du marché : une production américaine familière, appuyée sur une licence nostalgique et une distribution massive, se fait écraser par un film japonais en langue originale. Ce n’est pas simplement un fait de box-office, c’est le signe que le public de 2026 récompense avant tout la qualité perçue et l’envie, indépendamment de la langue et de l’origine.

À retenir

Au fond, le triomphe de Godzilla Minus Zero confirme une tendance de fond : le public occidental, notamment celui passé par le streaming et les plateformes, a désormais appris à regarder des films en sous-titres sans y voir un obstacle. Ce que Parasite avait ouvert symboliquement en 2019, le cinéma japonais de genre l’exploite pleinement depuis quelques années. Et si Takashi Yamazaki continue sur cette lancée, le nom de Godzilla pourrait bien s’installer durablement comme une valeur sûre du box-office hivernal américain, aux côtés des franchises hollywoodiennes les plus établies.


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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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