Politique

Le Maroc forme son gouvernement avec El Mansouri

Trente-deux ministres, une première ministre, sept femmes à des postes de responsabilité : le Maroc vient de se doter d’un nouveau gouvernement vingt-cinq jours seulement après les élections législatives du 23 septembre. La rapidité de la formation traduit une stabilité politique que beaucoup de démocraties occidentales lui envieraient. Le roi Mohammed VI a officiellement nommé l’équipe depuis Rabat, sur proposition de Fatima Ezzahra El Mansouri, qui prend la tête de l’exécutif.

Qui est Fatima Ezzahra El Mansouri et d’où vient-elle ?

El Mansouri n’est pas une novice propulsée par une configuration politique inattendue. Ancienne maire de Marrakech, elle connaît la gestion publique à grande échelle dans une ville à la fois vitrine touristique mondiale et chantier urbain permanent. Sa nomination à la tête du gouvernement la place parmi les rares femmes à diriger un exécutif dans le monde arabe. Elle représente le Rassemblement national des indépendants (RNI), la formation libérale arrivée en tête du scrutin de septembre, ce qui confère à sa nomination une légitimité électorale directe.

Que dit la composition du gouvernement sur les priorités du royaume ?

Trente-deux membres, dont onze ministres délégués : le gouvernement est volumineux, ce qui reflète la tradition marocaine de coalitions larges associant plusieurs partis. Les sept femmes représentent près de 22 % de l’équipe, un taux encore modeste mais en progression par rapport aux législatures précédentes.

  • Première ministre : Fatima Ezzahra El Mansouri (RNI)
  • Total des membres : 32, dont 11 ministres délégués
  • Femmes : 7, dont la cheffe du gouvernement elle-même
  • Délai depuis les élections : environ 25 jours

La structure du cabinet reflète les priorités économiques du royaume : investissement, transition énergétique, tourisme et infrastructures figurent parmi les portefeuilles les plus dotés. La continuité avec la politique de Mohammed VI en matière de diversification économique est clairement affichée.

Pourquoi ce délai de vingt-cinq jours est-il remarquable ?

Former un gouvernement en moins d’un mois après des législatives est une performance que peu de systèmes politiques réalisent sans crise. La Belgique a tutoyé les records mondiaux de vacance du pouvoir, l’Italie navigue régulièrement entre mandats exploratoires et coalitions introuvables, Israël a vécu plusieurs élections en boucle. Le Maroc, avec sa monarchie constitutionnelle qui structure les consultations et donne au souverain un rôle d’arbitre réel, court-circuite les blocages parlementaires qui paralysent d’autres démocraties. Ce n’est pas un hasard : le roi nomme le Premier ministre dans le parti arrivé en tête, puis valide la composition finale, ce qui supprime l’incertitude des marchandages ouverts et sans arbitre.

« La composition a été annoncée depuis Rabat, où le roi Mohammed VI a officiellement nommé la nouvelle équipe, sur proposition de Fatima Ezzahra El Mansouri. » (RFI, 17 octobre 2026)

Ce cadre institutionnel est souvent critiqué au nom d’une pleine souveraineté parlementaire. Mais il produit une chose concrète : la stabilité. Et la stabilité, dans un environnement régional sous tension, est une ressource économique à part entière : les investisseurs étrangers, les partenaires européens et les institutions financières internationales intègrent cette prévisibilité dans leurs décisions.

Quels défis attendent concrètement ce gouvernement ?

L’exercice du pouvoir commence sur plusieurs chantiers simultanés. La sécheresse structurelle qui frappe les régions agricoles du royaume appelle une politique de l’eau urgente. Le chantier de la Coupe du monde 2030, co-organisée avec l’Espagne et le Portugal, mobilisera des milliards de dirhams en infrastructures sportives et hôtelières. La pression sociale sur le pouvoir d’achat, alimentée par une inflation qui a mordé les ménages les plus modestes ces deux dernières années, n’a pas disparu avec le vote. El Mansouri devra gérer simultanément la vitrine internationale du Maroc et les attentes domestiques d’une classe moyenne fragilisée. Sa capacité à tenir les deux fronts en même temps constituera le vrai test de sa gouvernance.

À retenir

  • Gouvernement formé en 25 jours : rapidité remarquable après les législatives du 23 septembre, signe de stabilité institutionnelle.
  • Fatima Ezzahra El Mansouri : première femme à la tête du gouvernement marocain, issue du RNI vainqueur du scrutin.
  • 32 membres dont 7 femmes : composition large, reflétant les coalitions traditionnelles du système politique marocain.

Ce gouvernement entre en fonction avec un capital de légitimité intact mais des marges de manœuvre budgétaires limitées. Le Maroc a su préserver sa note souveraine et attirer les investissements directs étrangers ces dernières années, notamment dans l’industrie automobile et les énergies renouvelables. La vraie question n’est pas de savoir si El Mansouri saura s’imposer : son parcours à Marrakech répond largement à ce doute. Elle est de savoir si le modèle économique marocain, fondé sur le tourisme, les transferts de la diaspora et les exportations, suffira à financer les promesses sociales d’une campagne électorale toujours plus exigeante.


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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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