Politique

Lisnard dérape sur le 17 octobre 1961 à la télé

Le candidat à la présidentielle David Lisnard a provoqué une vive controverse lundi soir sur le plateau de LCI, animé par David Pujadas. Interrogé par une étudiante proche de La France insoumise sur le massacre du 17 octobre 1961, date à laquelle des dizaines d’Algériens furent tués et jetés dans la Seine par des policiers lors de manifestations à Paris, le maire de Cannes et président de l’Association des maires de France a répondu de façon particulièrement abrupte, déclenchant immédiatement un torrent de réactions sur les réseaux sociaux.

Ce que Lisnard a dit exactement en direct

Face à la question de cette étudiante, Lisnard a répondu : « Non mais je m’en fous madame, j’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, j’étais pas né, depuis il y a eu l’indépendance de l’Algérie. » La formule, brute et sans nuance, a surpris par son ton bien plus que par son fond. Car l’argument évoqué, à savoir qu’une personne née après les événements ne peut être tenue pour personnellement responsable des crimes d’État commis avant sa naissance, n’est pas en soi absurde. Nombre d’historiens et d’hommes politiques de sensibilités diverses l’ont formulé avec davantage de précaution. Le problème tient ici à l’emballage, pas uniquement au contenu.

« Je m’en fous madame, j’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, j’étais pas né, depuis il y a eu l’indépendance de l’Algérie. », David Lisnard, sur LCI, lundi 19 octobre 2026

Le 17 octobre 1961 reste l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire franco-algérienne. Ce soir-là, la répression ordonnée par le préfet Maurice Papon contre des manifestants algériens réclamant l’indépendance fit des dizaines de morts, certains noyés dans la Seine, d’autres tués dans la violence policière. La date n’est pas un sujet académique lointain : elle cristallise encore aujourd’hui des mémoires vives, des familles endeuillées et un débat historique sur la reconnaissance officielle des faits par l’État français.

Pourquoi cette sortie tombe mal pour sa campagne

Lisnard est décrit par franceinfo comme étant « en dynamique dans les sondages depuis quelques semaines ». Son mouvement, Nouvelle Énergie, tente de se positionner comme une alternative au macronisme sans basculer dans les extrêmes. C’est précisément pourquoi cette séquence télé est problématique pour lui : le dérapage de ton risque de court-circuiter une dynamique naissante, en faisant de lui la cible de critiques venues de plusieurs bords à la fois.

L’enjeu n’est pas de savoir si un candidat né après 1961 doit s’en sentir personnellement comptable, mais de comprendre qu’un prétendant à la présidence de la République répond à des questions de mémoire nationale. Ce faisant, il parle au nom d’une continuité de l’État, pas en son nom propre. L’histoire de France, y compris ses pages les plus sombres, fait partie du fardeau symbolique que tout président assume. Répondre « je m’en fous » à ce type de question, c’est techniquement rater un exercice de communication politique élémentaire.

La mécanique du dérapage médiatique en campagne

L’incident illustre une tension classique des campagnes présidentielles modernes : les candidats sont exposés en direct à des interlocuteurs non journalistes, souvent militants, qui posent des questions conçues pour provoquer. L’étudiante proche de LFI n’avait sans doute pas d’autre ambition que de placer le candidat en difficulté sur un sujet mémoriel sensible. Lisnard, en mordant à l’hameçon avec autant de véhémence, a offert à ses adversaires un clip prêt à l’emploi.

Ce type de séquence se propage désormais à une vitesse que les équipes de campagne peinent à contrer. Une réponse plus posée, même pour dire exactement la même chose sur le fond, aurait réduit l’impact à néant. Le fond du propos (ne pas vouloir être jugé sur des faits antérieurs à sa naissance) pouvait être défendu ; la forme choisie, non.

À retenir

  • Dérapage en direct : David Lisnard a dit « je m’en fous » à une question sur le massacre du 17 octobre 1961, sur LCI lundi soir.
  • Contexte mémoriel lourd : cet épisode de 1961 reste une plaie ouverte de la mémoire franco-algérienne, avec des dizaines de morts reconnus.
  • Risque politique réel : la formule, virale sur les réseaux, peut freiner la dynamique sondagière que le candidat Nouvelle Énergie connaissait ces dernières semaines.

La question qui se posera dans les prochains jours est celle de la gestion de crise : Lisnard va-t-il clarifier ou maintenir sa position à tout prix ? Une mise au point nuancée, distinguant la responsabilité personnelle de la mémoire collective que doit assumer tout futur chef d’État, lui permettrait de sortir du piège médiatique sans se renier. L’ignorer, en revanche, alimenterait une controverse dont ses adversaires, LFI en tête, n’hésiteront pas à se saisir jusqu’au prochain débat.


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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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