Trente points en finale décisive, 28 d’entre eux inscrits lors des deux derniers quart-temps : Gabby Williams a livré samedi soir, à San Francisco, la performance de sa vie pour offrir aux Golden State Valkyries leur tout premier titre en WNBA, dès leur deuxième saison d’existence. La Française de 30 ans a été désignée MVP des finales après avoir terrassé l’Atlanta Dream 68-63 lors d’un septième match haletant.
Un Game 7 sur le fil, une femme qui prend tout sur ses épaules
La rencontre s’annonçait incertaine. À la mi-temps, les Valkyries accusaient six points de retard, et Gabby Williams n’avait marqué que deux petits points. C’est là que la capitaine tricolore a changé de dimension. Elle a compilé 15 points dans le seul troisième quart-temps, permettant à son équipe de passer devant 45-44, avant de conclure le match de manière implacable : 9 points consécutifs dans la dernière période, dont un tir à trois points à longue distance qui a fait basculer définitivement la partie à 60-57, à un peu plus de deux minutes du buzzer final.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Williams a assuré à elle seule 30 des 68 points de sa franchise dans ce match au couteau. Une maestria rare qui la place dans une catégorie très restreinte.
Un palmarès enfin complet après des années de frustration
Il y a quelque chose de presque romanesque dans ce sacre. Gabby Williams avait tout gagné sur les parquets universitaires américains, mais elle butait systématiquement au moment décisif en sélection nationale française. Défaite d’un point contre les États-Unis en finale des Jeux olympiques de Paris en 2024, puis défaite lors du Championnat du monde féminin de la FIBA en septembre dernier : l’or lui avait échappé à deux reprises dans les circonstances les plus cruelle qui soient.
Ce titre en WNBA représente donc bien plus qu’un simple trophée de club. C’est la confirmation éclatante que Williams appartient à l’élite mondiale, même si les grandes compétitions internationales continuaient de lui glisser entre les doigts. En club cette fois, elle n’a laissé aucune chance à la fortune de lui échapper.
« Je suis simplement arrivée dans un groupe plein d’amour, et ça a changé toute la trajectoire de ma carrière. »
Gabby Williams, après le sacre des Golden State Valkyries
Sa coach Natalie Nakase n’a pas caché son admiration : « Gabby est notre finisseuse, elle est restée patiente, elle est restée concentrée. Terminer avec 30 points, c’est incroyable. » En inscrivant 30 points ou plus dans un Game 7, Williams rejoint Penny Taylor, qui avait réalisé cet exploit avec le Phoenix Mercury en 2007. Elles ne sont que deux dans toute l’histoire de la ligue.
Un exploit qui dépasse les frontières du basket féminin
Au-delà de la performance sportive pure, cette nuit a une résonance particulière pour le basket français. Williams, qui portait fièrement le maillot tricolore à Paris devant son public, n’a pas manqué de penser à la France depuis la Californie. Elle a déclaré espérer que les Français sont fiers, une phrase qui résume bien sa double identité franco-américaine et son attachement à ses deux pays.
Pour les Golden State Valkyries, franchise créée dans l’ombre des Golden State Warriors, ce titre en seulement deux ans d’existence est un coup de tonnerre dans la ligue. Les équipes expansions mettent en général beaucoup plus de temps à se structurer au niveau du jeu, du recrutement et de la culture gagnante. Ici, c’est allé à une vitesse stupéfiante, et la personnalité de Williams, désignée capitaine, y est clairement pour quelque chose. Du côté de l’Atlanta Dream, la défaite est cruelle : c’est leur quatrième finale perdue sans jamais décrocher le titre.
À retenir
- 30 points décisifs : Gabby Williams a inscrit 28 de ses 30 points lors des deux derniers quart-temps du Game 7, offrant le titre WNBA aux Valkyries 68-63.
- Record historique : elle devient seulement la deuxième joueuse de l’histoire de la WNBA à atteindre 30 points dans un Game 7, après Penny Taylor en 2007.
- Franchise record : les Golden State Valkyries remportent leur premier championnat lors de leur seulement deuxième saison d’existence.
Ce titre est aussi un signal fort pour l’ensemble du basket français, masculin et féminin : nos joueurs et joueuses s’imposent désormais au plus haut niveau des ligues américaines. Gabby Williams n’a pas seulement gagné un trophée, elle a gravé son nom dans l’histoire d’une ligue où peu d’Européennes ont laissé une empreinte aussi profonde aussi vite. Si les Français n’étaient pas encore nombreux à suivre la WNBA, la nuit du samedi 31 octobre 2026 à San Francisco pourrait bien changer quelques habitudes.
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