Quatorze ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Didier Deschamps pour écrire une page entière de l’histoire du football français, entre un titre mondial en 2018 et une sortie par la petite porte au Mondial 2026, battu 4 à 6 par l’Angleterre en match pour la troisième place. Quatrième place au classement final : honorable sur le papier, douloureux dans les faits pour une génération de joueurs qui méritait sans doute mieux.
Et maintenant ? Le nom qui circule depuis des mois, celui que tout le monde attendait, celui qu’on espérait ou redoutait selon les convictions, semble enfin prêt à franchir le pas. Zinedine Zidane devrait être officiellement nommé sélectionneur des Bleus avant la fin juillet. Une nomination qui, si elle se confirme, représente bien plus qu’un simple changement de staff technique.
C’est un pari symbolique autant que sportif. Zidane n’a jamais dirigé une équipe nationale. Son seul bilan d’entraîneur, aussi éblouissant soit-il, se résume à trois Ligues des champions consécutives avec le Real Madrid et deux expériences mitigées sur le banc merengue. Gérer un club huppé avec des stars mondiales, c’est une chose. Fédérer un groupe national, avec les contraintes des trêves internationales, la pression médiatique propre à la France et l’hétérogénéité des joueurs appelés, c’en est une autre.
« C’est donc avec un nouveau sélectionneur, en l’occurrence Zinedine Zidane qui devrait être nommé officiellement avant la fin du mois de juillet, que les Tricolores se retrouveront au mois de septembre. »
Les Bleus sont attendus à Clairefontaine le 21 septembre pour entamer une nouvelle campagne de Ligue des nations. Quatre matchs en dix jours : le baptême du feu s’annonce immédiat et sans filet. Zidane n’aura pas le luxe d’un stage de préparation tranquille ni d’une période d’observation prolongée. Le chronomètre tourne dès le coup de sifflet.
Ce qui intrigue, c’est la nature même de ce choix. La Fédération française de football mise sur l’icône plutôt que sur le technicien rodé. Zidane incarne quelque chose que nul autre candidat ne peut offrir : une légitimité populaire absolue, un respect immédiat dans les vestiaires, et ce lien émotionnel avec le public français qui transcende les générations. Mais une aura ne gagne pas les matchs. Et les attentes, justement parce qu’elles sont immenses, peuvent se retourner violemment contre lui au premier faux pas.
Le vrai test sera de voir quelle identité de jeu Zidane veut imprimer à cette équipe. Sous Deschamps, les Bleus ont souvent privilégié l’efficacité collective sur le spectacle, ce qui a déclenché des débats sans fin sur le style de jeu. Zidane, esthète dans l’âme, voudra-t-il libérer les individualités ou reproduire un bloc solide ? Sa réponse à cette question définira son mandat bien plus que les résultats des premières rencontres.
Une chose est certaine : la page Deschamps est tournée, et avec elle, une époque entière du football tricolore. Ce qui s’écrit maintenant appartient à Zidane, pour le meilleur ou pour le pire.
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