Technologie

La CNIL sanctionne Fnac Darty à 7 millions d’euros

Sept millions d’euros : c’est le prix que va payer Fnac Darty pour avoir ignoré un principe pourtant fondamental du droit européen, le consentement. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a annoncé ce jeudi 29 octobre avoir infligé cette amende à deux sociétés du groupe, après avoir constaté que l’application mobile de la Fnac intégrait des traceurs collectant l’historique de navigation des utilisateurs, y compris lorsque ces derniers avaient explicitement refusé d’être pistés.

Autrement dit, le refus ne servait à rien. Cliquer sur « Je refuse » dans l’interface de l’application ne changeait pas grand-chose au traitement réel des données. Ce type de violation est précisément ce que le règlement général sur la protection des données (RGPD) et la directive ePrivacy entendent punir : le consentement n’est pas une formalité cosmétique, c’est une condition légale non négociable avant toute collecte.

Des cookies mobiles, angle mort traditionnel du contrôle

Les affaires de traceurs illicites ont longtemps concerné les sites web classiques. La CNIL, comme ses homologues européens, s’est d’abord concentrée sur les bannières cookies des navigateurs desktop. Mais les applications mobiles représentent aujourd’hui la part dominante du temps passé en ligne, et elles échappent aux mêmes mécanismes de contrôle visibles qu’un site web. Un traceur embarqué dans le code d’une appli est beaucoup moins aisément détectable pour l’utilisateur ordinaire, ce qui en fait un vecteur de collecte particulièrement invasif.

C’est précisément ce terrain que la CNIL a décidé d’investir plus sérieusement ces dernières années. La sanction contre Fnac Darty s’inscrit dans une tendance de fond : l’autorité française de protection des données ne se contente plus de surveiller les cookies de consentement sur les pages d’accueil, elle scrute désormais l’écosystème applicatif. Et manifestement, ce que ses enquêteurs ont trouvé dans l’application Fnac ne respectait pas les règles.

La CNIL reproche aux entreprises d’avoir utilisé des traceurs sur l’application mobile de la Fnac sans demander le consentement des utilisateurs.

Ce que cette amende révèle sur la culture de conformité des grands groupes

Sept millions d’euros, c’est une somme significative pour une enseigne déjà fragilisée économiquement, même si elle reste loin des records infligés à Google ou Meta. Mais au-delà du montant, c’est le signal envoyé qui compte. Fnac Darty n’est pas une start-up ignorante du cadre légal : c’est un groupe coté, disposant de services juridiques et techniques capables d’assurer une conformité sérieuse. Si la violation a malgré tout eu lieu, cela pointe soit vers une négligence délibérée, soit vers une organisation interne où la conformité vie-privée n’était pas une priorité réelle.

On connaît le phénomène : les équipes marketing et produit intègrent des traceurs tiers pour mesurer des conversions, optimiser des campagnes publicitaires ou alimenter des outils d’analyse comportementale. Ces intégrations se font parfois à la vitesse des roadmaps produits, sans que les équipes juridiques soient consultées à chaque étape. Le résultat, c’est exactement ce type de situation : des données collectées hors consentement, une régulation qui finit par rattraper le groupe, et une amende qui aurait pu être évitée.

À retenir

  • Amende de 7 millions d’euros : la CNIL sanctionne deux sociétés du groupe Fnac Darty pour utilisation de traceurs sans consentement dans l’appli mobile Fnac.
  • Violation du RGPD : les données de navigation étaient collectées même quand l’utilisateur avait expressément refusé d’être pisté.
  • Tendance régulatoire : la CNIL étend désormais ses contrôles aux applications mobiles, pas seulement aux sites web classiques.

Pour les utilisateurs qui faisaient confiance à la Fnac pour respecter leurs choix de vie privée, cette affaire est une piqûre de rappel utile : même les grandes enseignes grand public ne sont pas à l’abri de pratiques non conformes. Vérifier les permissions accordées à une application, et tenir à jour ses paramètres de confidentialité, reste une précaution que rien ne remplace. La CNIL peut sanctionner, mais elle ne peut pas agir à la place de chaque utilisateur.


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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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