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Stranger Than Heaven : prometteur mais inachevé avant sa sortie

Cinq sections jouables, près de trois heures de prise en main dans trois villes différentes, et une avalanche de previews publiées ce mercredi : Stranger Than Heaven, le prochain pari fou de Ryu Ga Gotoku Studio, commence enfin à dévoiler ce qu’il a vraiment dans le ventre. Le verdict collectif de la presse internationale est séduisant, mais loin d’être unanime.

Un projet ambitieux et stylisé, plombé par des problèmes de finition qui ne peuvent plus être ignorés à ce stade du développement.

Pour rappel, Stranger Than Heaven suit Makoto Daito, personnage métis américano-japonais, dans son ascension criminelle au fil d’une saga couvrant cinquante ans d’histoire, de 1915 à 1965. Le studio à l’origine de la franchise Yakuza et Like a Dragon mise sur un cadre radicalement nouveau, une identité musicale forte et un système de combat repensé. La promesse est immense. La livraison, pour l’instant, reste en chantier.

La grande victoire de cette session de preview, c’est la narration. Là où les premières démonstrations à la Gamescom n’offraient qu’une succession de combats dans des environnements vides, les nouvelles sections révèlent un jeu capable d’installer des personnages avec soin. Une romance qui naît dans un bar de Kokura, des restaurants animés, des concerts dans les ruelles nocturnes d’Osaka : le souffle de vie que l’on attendait est enfin perceptible. Le Journal du Geek souligne que Snoop Dogg, présent dès le prologue situé à San Francisco, « n’est pas là pour faire joli » et participe à une scène d’ouverture qui installe immédiatement la personnalité de Makoto.

L’évolution temporelle du monde de jeu est également citée comme l’une des réussites majeures de la preview par Eurogamer : voir les décors, les tenues et les ambiances se transformer au fil des décennies donne une dimension épique que la série n’avait pas encore explorée à cette échelle. C’est là où RGG joue dans une cour franchement supérieure à ses propres habitudes.

« C’est l’un des projets les plus excitants sur lequel le studio ait travaillé depuis longtemps. », Eurogamer

Polygon nuance pourtant l’enthousiasme en pointant une faiblesse scénaristique : le jeu semblerait avoir largement mis de côté l’humour absurde qui faisait le sel de Yakuza et Like a Dragon. Le côté loufoque, le karaoké impromptu, les activités secondaires délirantes, paraissent absents ou minorés dans ce qu’ont pu voir les testeurs. Pour un studio dont la marque de fabrique repose autant sur le mélange du grave et du grotesque, c’est une prise de risque éditoriale qui peut faire mal.

Le système de combat est le point le plus discuté. RGG a choisi d’assigner les frappes gauche et droite aux gâchettes de la manette, s’éloignant ainsi du schéma classique de Like a Dragon. Le résultat intrigue autant qu’il divise : certains testeurs y voient une profondeur tactile inédite pour le studio, d’autres peinent à trouver leurs repères après des années de codes bien établis. PCGamesN salue le style général, largement supérieur à celui des Yakuza précédents, mais reconnaît que le jeu d’acteur de Snoop Dogg laisse à désirer.

Ce qui convainc

Ce qui interroge

La question de la finition est peut-être la plus préoccupante. Gamekult parle d’un « charme teinté de déception » et le Journal du Geek pose clairement la question : les problèmes de polish constatés peuvent-ils être corrigés d’ici la sortie, désormais à moins de trois mois ? Ce n’est pas une question rhétorique. Le studio a prouvé par le passé sa capacité à livrer des jeux solides à un rythme soutenu, mais la densité narrative et temporelle de Stranger Than Heaven place la barre bien plus haut que d’ordinaire.

Pour les joueurs qui ont suivi RGG depuis les débuts de Yakuza, ce projet représente un pari double : changer à la fois le registre (du contemporain au début du XXe siècle), la mécanique de combat et la tonalité narrative, tout en conservant l’ADN du studio. C’est beaucoup demander en une seule fois. Les previews convergent sur un point : le potentiel est indéniable, l’exécution reste à confirmer.

À retenir

En l’état, Stranger Than Heaven s’adresse avant tout aux amateurs de jeux narratifs exigeants, prêts à accepter un rythme posé et un système de combat à apprivoiser. Les joueurs en quête de l’énergie bouffonne et décompressée des derniers Like a Dragon risquent en revanche d’être déroutés par ce virage vers le sérieux. La sortie confirmera si RGG a réussi à tenir toutes ses promesses en même temps.


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Rédacteur passionné de culture geek, gaming, sport et actualité. Fondateur de Glorieux Geek, le site d'actu geek en français.

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