Le corps comme monnaie d’échange, les réseaux sociaux comme tribunal : Rosamund Pike s’apprête à incarner une mère prête à tout dans Feed, un film de body horror réalisé par Leslye Headland (connue pour Star Wars : The Acolyte et Russian Doll). L’annonce a été faite ce vendredi 6 novembre, à l’occasion de l’American Film Market, où les droits de vente internationale sont mis aux enchères par la société The Veterans. La scénariste Daniella Isaacs signe le script aux côtés d’Headland.
Infos pratiques
| Réalisatrice | Leslye Headland |
| Actrice principale | Rosamund Pike (également productrice) |
| Ventes internationales | American Film Market, à partir du 6 novembre 2026 |
| Inspiration déclarée | Hatching (film finlandais, 2022) |
Un synopsis qui vise directement la culture de la performance
L’argument du film est aussi simple que glaçant : une mère désespérée découvre un complément de collagène censé transformer sa fille préadolescente en gymnaste d’élite. Ce que le synopsis officiel appelle « notre obsession pour les réseaux sociaux et le dépassement de soi » constitue le moteur dramatique du film. Le concept joue sur un territoire encore peu exploité au cinéma : celui de la momfluenceuse, cette figure maternelle dont l’identité publique repose entièrement sur la mise en scène de ses enfants. L’horreur corporelle devient ici le révélateur d’une pathologie sociale bien réelle, avec le corps de la fille comme enjeu littéral.
L’équipe se revendique inspirée par Hatching, le film finlandais de Hanna Bergholm sorti en 2022, qui utilisait déjà la métaphore organique pour disséquer une mère toxique et son désir de perfection imposé à son enfant. Feed semble vouloir pousser cette logique vers un contexte encore plus contemporain, saturé d’algorithmes et de likes.
Headland de retour derrière la caméra après The Acolyte
Pour Leslye Headland, ce projet marque un retour à la réalisation après une période tumultueuse. Showrunner et créatrice de Star Wars : The Acolyte sur Disney+, elle a vu la série annulée après une unique saison, malgré un budget colossal et une attente initiale considérable. La réception mitigée du public et les controverses autour des choix narratifs avaient pesé lourd. Passer de l’espace galactique à un thriller domestique centré sur la performance maternelle représente un pivot radical, mais cohérent avec son œuvre antérieure : Russian Doll explorait déjà la répétition traumatique et l’autodestruction.
«Notre obsession pour les réseaux sociaux et l’amélioration de soi», logline officielle de Feed, telle que communiquée à l’American Film Market.
Rosamund Pike, de son côté, confirme un goût prononcé pour les rôles à double fond. Depuis Gone Girl de David Fincher, elle multiplie les personnages féminins qui dérangent : manipulatrices, retorses, animées d’une logique propre qui échappe au jugement moral simple. Le fait qu’elle monte également en tant que productrice signale un investissement éditorial réel dans le projet, et non une simple apparition de prestige.
Pourquoi ce film arrive au bon moment
Le body horror connaît un regain de popularité indéniable depuis quelques années, porté par des films comme Titane, Men ou plus récemment La Substance. Ces œuvres ont en commun de ne pas utiliser la dégradation corporelle comme simple effet de choc, mais comme langage critique sur des pressions sociales concrètes. Feed s’inscrit dans cette continuité en choisissant un angle particulièrement actuel : la pression que les plateformes font peser sur les corps, et en particulier sur ceux des jeunes filles.
À retenir
- Rosamund Pike actrice et productrice : elle s’implique à double titre dans ce film de body horror sur les momfluenceurs.
- Leslye Headland à la réalisation : premier film après l’annulation de Star Wars : The Acolyte, avec une thématique radicalement différente.
- Ventes en cours à l’AFM : aucun distributeur ni date de sortie annoncés à ce stade ; le projet cherche encore acquéreurs internationaux.
Le projet n’en est qu’à son stade de préachat, et aucune date de tournage ni de sortie n’a encore été communiquée. L’enjeu des prochaines semaines sera de voir quels distributeurs saisissent l’opportunité : un film porté par une comédienne oscarisable, sur un sujet qui fait débat dans presque tous les foyers, signé d’une réalisatrice qui reste bankable malgré The Acolyte, c’est précisément le type de proposition que les marchés adorent. Reste à savoir si l’exécution sera à la hauteur d’une prémisse aussi bien ajustée à l’époque.
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