Neuf kilos de muscle en deux mois, à 57 ans : Dave Bautista vient d’apporter la preuve la plus concrète qui soit que son casting en tant que Kratos dans la série God of War de Prime Video n’est pas un choix anodin. Dans une story Instagram publiée le 1er novembre, l’acteur a révélé peser désormais 250 livres, soit près de 113 kilos, accompagnant la publication d’une vidéo et de la mention explicite « 20 livres prises pour GOW ». Le message est clair : Bautista ne triche pas.
Le contexte de ce casting mérite d’être rappelé. Dave Bautista n’était pas le premier nom attaché au rôle. C’est Ryan Hurst qui avait décroché le rôle de Kratos et entamé le tournage, avant qu’une blessure grave ne l’écarte du projet pour une durée d’au moins un an. Plutôt que d’attendre, la production a décidé de recentrer le casting autour de Bautista, dont le profil physique et la notoriété mondiale, construits entre la WWE, Les Gardiens de la Galaxie et Dune, en faisaient un choix évident en rétrospective.
L’arrivée de l’ancien catcheur a pourtant suscité des doutes légitimes. Ces dernières années, Bautista avait volontairement maigri pour élargir sa palette dramatique, s’éloignant du colosse de 130 kilos qu’il était au sommet de sa carrière sur les rings. Pas question, donc, de débuter le tournage sans retrouver une stature à la hauteur du demi-dieu spartiate. Dès le mois de septembre, il expliquait avoir repris la musculation lourde depuis trois semaines et s’être fixé deux mois supplémentaires pour atteindre son objectif. Le délai est respecté à la lettre.
Ce qui convainc
Ce qui interroge
Les 113 kilos affichés aujourd’hui restent en deçà des 130 kilos de son apogée à la WWE, mais ils suffisent à répondre aux sceptiques. Kratos, tel que les joueurs le connaissent depuis 2005, est une force de la nature au gabarit intimidant : Bautista rentre dans ce moule bien plus naturellement que la majorité des acteurs hollywoodiens. Le port du t-shirt God of War dans la vidéo relève du clin d’œil assumé, presque une déclaration d’intention adressée directement à la communauté des fans.
« 250 livres pour God of War » : une story Instagram, un autocollant de poids, et un engagement physique qui s’exprime en chiffres plutôt qu’en promesses.
Au-delà de l’aspect spectaculaire, cette communication soignée sur les réseaux sociaux trahit une stratégie rodée. Bautista sait mieux que quiconque que les fans d’une licence aussi ancrée que God of War scrutent chaque détail avant même le premier teaser officiel. Montrer la transformation en temps réel, étape par étape depuis septembre, construit une adhésion progressive et désamorce les critiques bien avant que la série ne soit diffusée. C’est une gestion du capital confiance aussi réfléchie que la préparation physique elle-même.
Le physique de l’acteur principal n’est évidemment qu’une condition nécessaire, pas suffisante. Les adaptations de jeux vidéo en série ont une histoire compliquée, et Prime Video n’est pas exempt de ce constat. Ce qui distingue les réussites récentes du genre, c’est invariablement la qualité d’écriture et la fidélité à l’esprit de la licence, pas la seule ressemblance visuelle avec le matériau source. Kratos n’est pas seulement un colosse : depuis God of War (2018) et Ragnarök, c’est un père meurtri, tiraillé entre sa violence ancestrale et l’amour qu’il porte à son fils Atreus. C’est cette profondeur qui a transformé la franchise en phénomène narratif.
Bautista a montré, dans Dune comme dans Glass Onion, qu’il était capable de nuance au-delà de la pure présence physique. La question n’est donc pas tant de savoir s’il peut soulever des colonnes de marbre que s’il peut incarner ce père brisé qui retient sa rage à chaque réplique. Sur ce point, les kilos ne répondent à rien. C’est le tournage, puis les images officielles, qui trancheront.
À retenir
Pour les fans de la franchise, la série God of War sur Prime Video s’annonce d’autant plus prometteuse que le principal obstacle visuel semble levé. Pour les sceptiques qui redoutaient une adaptation trop superficielle, les vraies réponses viendront du scénario et de la direction artistique. Bautista a fait sa part du contrat pour l’instant. La balle est dans le camp des scénaristes.
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